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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s4.2

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s4.2

Language
French

v1.c7.s4.2

Jusqu'ici nous avons suivi, pour dresser l'inventaire des sujets légendaires mis au répertoire par l'école du Gandhâra, l'ordre à peu près constant que les textes assignent aux événements des trente-cinq premières années de la vie du Prédestiné. Ce moyen de classification dont, sans en exagérer la valeur, on ne peut nier la commodité, va nous faire défaut pour presque toute la période qui s'étend de la Sambodhi au Parinirvâna, de l'illumination parfaite à l'ultime trépas. C'est un fait, depuis longtemps mis en lumière, que l'intérêt des fidèles et même des docteurs bouddhiques a de bonne heure délaissé ce qui constitue à proprement parler la carrière du Buddha, pour se concentrer de plus en plus sur l'enfance et la jeunesse du Bodhisattva. A la vérité, l'un des plus anciens essais de récit continu que nous possédions (Mahâvagga, I, 1-24) a pour sujet les épisodes qui suivirent immédiatement l'arrivée à la parfaite Intelligence : mais, ensuite, nous ne trouvons plus dans les textes canoniques de nouveau morceau à prétentions biographiques avant l'approche de la mort du Bienheureux. Tandis que les traditions relatives au Bodhisattva, depuis sa descente du ciel des Tusitas jusqu'à son triomphe final sous l'arbre de la Science, ont été promptement fixées et même, comme nous l'avons vu, développées à plaisir, la plus grande partie des souvenirs relatifs aux quarante-cinq dernières années du Maître ne nous ont été transmis qu'incidemment et à l'état fragmentaire. Quand on essaya de traiter d'ensemble la masse confuse et flottante de ces détails écourtés et isolés, il était trop tard pour fondre et couler en un moule cohérent cette matière déjà refroidie. Qui sait, d'ailleurs, si l'entreprise aurait jamais eu chance de réussir? Une fois le Bodhisattva devenu Buddha, son évolution est considérée comme terminée. Au point où il en est arrivé, il ne peut monter plus haut : il ne peut même plus aspirer à descendre. Désormais aucune idée directrice n'oriente sa vie intérieure en un sens déterminé; aucun ordre logique, sinon historique, ne l'organise; aucun dénouement nécessaire ne la termine : du même coup, le principal ressort de l'intérêt et les conditions essentielles de toute composition littéraire font défaut au recommencement monotone — et que, nous dit-on, il ne tenait qu'à lui de rendre éternel — de ses jours. Ainsi, là où l'histoire n'avait pas été écrite à son heure, la légende même avorta : nous possédons au moins l'épopée du Bodhisattva; du Buddha nous n'avons ni épopée, ni encore moins de biographie.

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