L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s6.t2.5
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s6.t2.5
- Language
- French
v1.c7.s6.t2.5
LE SYMBOLISME. — Il convient également, semble-t-il, d'attribuer moins d'importance que nous ne serions tentés de le faire à un autre trait qui s'est également imposé à notre attention et qu'on pourrait se laisser aller à considérer comme le plus indien de tous. Dans l'existence, presque sous chaque bas-relief, à côté du sujet apparent, d'un sujet suggéré, un indianiste est en effet porté à voir l'application à l'art plastique du procédé en faveur dans la rhétorique sanskrite où il est de règle que le sens impliqué (*dhvani*) se cache sous le sens exprimé et le surpasse en importance. Traducteurs de textes et interprètes de bas-reliefs sont ainsi exposés à prendre l'ombre pour la proie. Un éclatant exemple nous a été fourni par les compositions analogues à la figure 210, où un détail épisodique secondaire, comme l'offrande des quatre vases à aumônes, représente en réalité l'événement le plus considérable aux yeux des Bouddhistes, à savoir l'arrivée de leur Maître à la suprême dignité de Buddha. En aucun cas, dirait-on volontiers, il n'a pu être fait un usage ou un abus à la fois aussi conscient et aussi naïf du symbolisme. Et il ne faut pas croire que ce cas soit isolé. Toujours l'intention de l'artiste va au delà sinon de ses moyens d'expression, du moins de ce qu'il exprime, et ce ne serait qu'un jeu, en procédant à la façon des commentateurs indigènes, de trouver partout des sous-entendus. Une simple réflexion vient à temps empêcher de nous engager dans cette voie décevante. Quel est, en effet, pour peu qu'on y songe, le sujet d'art religieux où ne se glisse quelque symbole? L'allégorie n'est pas le privilège exclusif de l'Inde; et, sans aller plus loin, que pourrait-on trouver de plus symbolique que les représentations vers le même temps, et par des artistes qui sont au moins cousins des nôtres, d'un Bon Pasteur ou d'un Orphée, d'un Moïse ou d'un Jonas? . . . En résumé, si avant que nous cherchions à approfondir la genèse des bas-reliefs légendaires, nous ne découvrons rien qui empêche de nous en tenir à notre première impression : les créateurs de ces compositions, depuis indéfiniment copiées, et, plus directement encore, les auteurs des quelques petits chefs-d'œuvre conservés avaient appris leur métier de sculpteur et s'étaient initiés à tous les procédés courants de l'art grec dans les ateliers de l'Asie antérieure.