L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t2.12
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t2.12
- Language
- French
v2.c14.s2.t2.12
SA DESCRIPTION. — Quelle était cependant cette divinité, apparemment aussi subalterne que secourable ? Pour dépister les manifestations extérieures de ces superstitions, volontiers ignorées de la littérature indienne, nous n’avons guère d’espoir que dans les observations faites sur la vie réelle par les pieux archéologues chinois. Aussi, apprendrons-nous avec un vif intérêt que Yi-tsing a rencontré cette image dans tous les grands monastères de l’Inde et qu’elle tenait à la main « une bourse d’or ». Cet attribut se passe de commentaires et la signification en est claire dans toutes les langues : remarquons seulement que le culte du génie, porteur de cet aguichant symbole, a dû particulièrement fleurir dans les cercles où le Bouddhisme recrutait le plus clair de ses adhérents — comme continue à le faire le Jaïnisme. C’est un milieu de marchands qu’évoquent le plus souvent les légendes : chefs de caravane ou banquiers, armateurs au long cours ou boutiquiers sédentaires, tels, sont les personnages les plus habituels des avadāna; c’étaient autant d’adorateurs acquis d’avance au dispensateur des richesses. Notons encore que Yi-tsing fait voisiner ce dernier, dans le réfectoire ou sous le porche du couvent, avec une autre déité du même ordre, mais celle-ci féminine, Yakṣiṇī comme il est Yakṣa, et dont la fonction propre est de donner des enfants. Disposant à eux deux des deux choses que désire le plus le commun des hommes, à commencer par les Indiens, on conçoit que leur manque de dignité ait pu être compensé par leur popularité; et celle-ci expliquerait à son tour le rôle considérable que, d'après le témoignage oculaire du bon pèlerin, ils ont joué dans l'iconographie religieuse. A la vérité Yi-tsing n'a pris occasion d'en parler qu'à propos des monastères du bassin du Gange. Mais Hiuan-tsang signale ce même «génie des richesses» dans un couvent du Kapiça, sur les confins occidentaux de l'Inde du Nord¹, et là aussi il était assis à l'un des coins de la porte. Le pèlerin ne nous dit malheureusement rien de l'image assise vis-à-vis et qui devait être, selon la coutume, celle de la fée aux enfants. En revanche, c'est celle-ci que Sir Aurel Stein a trouvée peinte sur le seul jambage non écroulé d'un temple du Turkestan chinois méridional (fig. 529). A l'autre bout du monde bouddhique, les deux habituels pendants continuent à se faire face des deux côtés de l'entrée du Candi Mendut² de Java (fig. 514 et 515).