L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t2.33
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t2.33
- Language
- French
v2.c14.s3.t2.33
Nous en avons déjà touché un mot (cf. I, p. 356 et 399). Mais s'il ne nous avait pas échappé que les artistes du Gandhāra ont placé un premier épisode de ce genre au moment même du « Départ de la Maison », nous ne nous étions pas encore aperçu, faute de documents suffisamment explicites, qu'ils avaient également associé Māra et même ses filles aux incidents qui précèdent immédiatement la Sambodhi. Dans les deux cas d'ailleurs, le tentateur use de la manière douce. C'est en séducteur insinuant qu'il se présente au Prédestiné. Ce qu'il lui offre — tel Satan sur la montagne au Fils de Dieu — c'est avant tout, et sans plus de succès, la royauté de ce monde avec les mille jouissances qu'elle comporte. Et le curieux pour nous est de constater comment, en ces sortes d'occasions, le prince des voluptés terrestres nous est plus volontiers présenté sous les apparences d'un grand dieu (fig. 181-182, 199, 400-401), parfois nimbé (fig. 181) ou du moins abrité du parasol (fig. 401), et toujours vêtu du costume de cérémonie des plus hautes castes. C'est en le voyant ainsi dans toute la royale splendeur de sa divine nature que nous pouvons comprendre que des êtres aussi lucides que des risis, en apercevant le Bodhisattva assis sous l'arbre de la Première méditation, aient pu se demander s'ils n'étaient pas en présence de Māra Kāmādhipati, « le suzerain des Amours (1) ».