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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t2.46

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t2.46

Language
French

v2.c14.s3.t2.46

S'il est rare, en effet, qu'ils soient cités l'un sans l'autre dans les textes, il l'est encore plus qu'ils paraissent isolément sur les bas-reliefs. Et là aussi il semble qu'ils soient traités sur le même pied d'égalité. Ce n'est pas qu'on n'observe entre eux quelques nuances : mais celles ci correspondent à des différences de caractère, non à des distances hiérarchiques. C'est uniquement pour mieux répondre à leurs idiosyncrasies que, tour à tour, ils se cèdent courtoisement le pas au gré des événements. Dans le détail, pour des raisons que nous avons déjà déduites (I, p. 302), les sculptures sont forcément plus précises sur ce point que les textes : mais dans le fond elles sont d'accord avec eux (2). Le fougueux Indra se pousse au premier rang pour recevoir dans ses bras l'enfant royal qui pourra devenir aussi bien un Cakravartin qu'un Buddha (fig. 152, 154, 158 a, 164 a) et occupe la place d'honneur à sa gauche lors des « sept pas » (fig. 155) et du « bain » (fig. 156 et 157 a). Même après que la vocation religieuse l'a emporté, il garde naturellement cette place quand il reçoit le Maître dans son propre ciel (fig. 243) ou reconduit son hôte sur la terre (fig. 264). Au contraire le caractère plus intellectuel de Brahmâ lui a fait réserver la haute main sur les scènes qui appartiennent au cycle de la Bodhi. C'est lui qui tient la gauche du Maître lors de sa marche triomphale vers l'arbre de la science (fig. 194-197) comme quand il s'agit d'obtenir de lui qu'il veuille bien révéler au monde la voie du salut (fig. 212). Avouons toutefois qu'il serait difficile de rien conclure de leurs places respectives à la tête et au pied du Parinirvâna de la figure 280. Mais l'important est que nous ayons appris à distinguer ces deux dieux l'un de l'autre au fait qu'Indra est coiffé d'un turban et Brahmâ seulement de son chignon¹.