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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t2.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t2.1

Language
French

v2.c14.s5.t2.1

Ainsi donc, jusque dans l'exécution des images les plus idéalisées nous croyons deviner des traces d'indianisation à plus forte raison en relevons-nous chez celles qui ont été évidemment croquées sur le vif. Déjà, à propos des donateurs et des figures de chaux (3) nous avons dû noter au passage le caractère « naturaliste » d'une partie de l'œuvre de l'école du Gandhâra. Cette observation est encore renforcée par l'absence constatée de toute figure proprement allégorique. Assurément nous avons vu paraître sur nos sculptures des abstractions concrétisées, telles par exemple que la *nagara-devatâ* de Çrâvastî ou de Kapilavastu (4), mais tout donne à penser que cette déité ne jouissait pas dans l'imagination populaire d une existence moins réelle que n'importe quelle autre fée ou déesse Chacun, homme, génie ou dieu, quels que soient la catégorie sociale à laquelle il appartient, les idées qu'il personnifie ou les mythes qu'il incarne, est directement représenté sous sa forme ou du moins sous celle qu'on lui prêtait, et non sous le voile plus ou moins transparent d un symbole La figure, sinon historiquement vraie, du moins à peu près vraisemblable du Buddha a pris définitivement la place des emblèmes que lui consacrait l'école indienne Nulle part nos yeux n'ont rencontré de pures vues de l esprit telles que les deux autres «joyaux», le Sangha et le Dharma, ces lointaines approximations bouddhiques de «l Eglise» et du «Logos» A la vérité M Vogel a cru les reconnaître tous deux dans les habituels compagnons du Bienheureux sur presque toutes les scènes de sa carrière, la Communauté sous les espèces du moine et la Doctrine sous celles du Vajrapâni (1), mais cette trop ingénieuse hypothèse nous a paru en contradiction flagrante avec la façon dont les créateurs de la sculpture gandharienne ont entendu leur métier Toute leur imagerie divine procède sans mystère du franc anthropomorphisme des vieux artistes grecs Si certaines scènes pretent parfois à double entente (2) il n'en est pas de même de leurs figurants terrestres ou mythiques, nous avons l'impression qu il nous faut prendre chacun d eux pour ce qu'il est sans nous inquiéter de ce qu il pourrait être

Cites (2)