L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t5.38
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t5.38
- Language
- French
v3.c16.s2.t5.38
LA DESTRUCTION DÉFINITIVE. — Ceci se passait entre 530 et 540, juste cent ans avant la venue du grand pèlerin, bien qu'à l'entendre on croirait qu'il s'agit d'événements vieux de plusieurs siècles. Les traces de cette dévastation étaient encore lisiblement écrites sur la face désolée du pays. En vérité, si l'historien était, lui aussi, sans pitié, il ne pourrait souhaiter dénouement plus sensationnel ni plus décisif : c'est comme si toutes les précautions avaient été prises pour que l'art gréco-bouddhique pérît à la fois dans son œuvre, dans ses clients et jusque dans ses ouvriers. Cette fois, nous pouvons être sûrs qu'il est mort : car une école d'art religieux ne repousse pas aussi aisément que le figuier de la Bodhi, quand une fois elle a vu ses racines coupées par la main sacrilège d'un monarque impie¹. Aussi mettrions-nous le point final à ce chapitre, si nous n'avions des raisons de croire que beaucoup des ruines que nous fouillons ne sont pas restées exactement telles qu'elles étaient au milieu du VIe siècle. Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de poursuivre la biographie de l'école : elle est décédée ; mais nous ne pouvons nous désintéresser des vicissitudes qu'ont encore subir ses restes. C'est en ce sens que son histoire réclame un post-scriptum.