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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t5.41

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t5.41

Language
French

v3.c16.s2.t5.41

Est-ce à dire qu'après la bourrasque de Mihirakula l'art gréco-bouddhique y ait connu, aux VIIIe et IXe siècles, une sorte de renaissance ? Nous ne le pensons pas. Ce n'est pas sur des khâns turcs que nous pouvons compter pour rallumer au Gandhâra le flambeau éteint de l'hellénisme. Aussi bien nous avons vu que dès le Ve siècle, si l'école continue encore à accomplir machinalement les mêmes gestes, en fait elle n'a plus aucune vitalité. Tels ces guerriers des contes dont tout le sang a déjà fui par leurs blessures et qui ne s'aperçoivent qu'ils sont morts qu'en délaçant leurs cuirasses, il suffit que son œuvre soit détruite pour révéler son incapacité de recommencer jamais rien de pareil. Mais d'autre part il est impossible de ne pas tenir compte du fait que Hiuan-tsang signale encore quelques couvents échappés au naufrage, où un culte continuait d'être offert, et que Wou-k'ong cite plusieurs fondations nouvelles. Il y a tout lieu de croire que ces prétendues fondations n'étaient que des reprises en sous-œuvre, des restaurations plutôt que des réédifications des anciens monastères détruits. Il est également des plus probables que ce genre de travaux ne fut entrepris que dans le voisinage des grosses agglomérations urbaines, où le besoin de relever les couvents se fit le plus vite sentir et où les moyens de le faire furent le plus vite réunis(1). Il n'importe pas moins de prendre garde que nous ne pouvons jamais savoir d'avance si tel tertre — même parmi les rares sites qui aient été respectés jusqu'ici — recouvre une ruine du premier ou du second degré, en d'autres termes si celle-ci nous est parvenue dans l'état où Mihirakula l'a mise et où Hiuan-tsang l'a vue, ou si elle a été recommencée sur nouveaux frais par Mahmoûd de Ghazni.