L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.95
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.95
- Language
- French
v3.c16.s3.t3.95
des lignes, le don du mouvement : ne craignez-vous pas qu'il leur manquât encore le sentiment de la sérénité et du rêve mystique, c'est-à-dire justement ce que leur apportait l'art bouddhique, empreint d'avance dans le paisible sourire et le regard intérieur de ses Buddhas? Nous convenons, comme il est juste, que les deux autres des « trois religions » ont fourni leur appoint; que le confucianisme a ouvert, grâce à sa morale en action, une mine inépuisable de tableaux d'histoire; tandis que le taoïsme, avec son merveilleux panthéon et son sens aigu de la nature et de ses mystères, devait donner naissance à des personnages et à des paysages étrangement vivants. Où cependant les Chinois, si bien doués au point de vue intellectuel, mais qu'on s'accorde d'autre part à nous représenter comme positifs et réalistes, auraient-ils puisé l'inspiration de ces figures idéales et presque immatérielles qui — tout indianiste de bonne foi doit à son tour le reconnaître — sont une des plus hautes réalisations artistiques du divin et le point culminant de l'art bouddhique? A moins d'être plus royaliste que le roi, on ne peut qu'accepter la réponse des Chinois eux-mêmes : car ils ne songent nullement à dissimuler que ces transcendantes créations, nulle part réalisées avec plus de maîtrise, portent toutes des noms indiens et ont été enfantées par la spéculation indienne.