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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.99

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.99

Language
French

v3.c16.s3.t3.99

vont aller se multipliant, ne sont guère à l'origine que de Buddhas et de moines, de Bodhisattvas et de deva. Ainsi l'imagerie gandhârienne ne se heurtait ici à aucune école indigène, capable de lui opposer ses sujets, ses procédés et son goût. Mais d'autre part, il faut sans doute laisser s'écouler un assez long intervalle de temps entre l'introduction des doctrines, voire des idoles bouddhiques, et la constitution d'ateliers locaux. On ne fait effectivement remonter qu'au VIIe siècle la fondation des premiers couvents et l'exécution des premières peintures ou statues : encore celles-ci seraient-elles dues à des artistes coréens immigrés. Cette date tranche à l'avance pour nous la question qui nous occupe. A pareille distance de l'époque comme du lieu de ses débuts, on se doute combien affaiblie avait pu parvenir l'influence classique que nous poursuivons. C'est en vain que, flattant l'inévitable penchant de tout indianiste, le zèle pieux des archéologues japonais a parfois prétendu rattacher directement leur école nationale à ses sources indiennes. Persuadés avec raison qu'ici comme en Chine les œuvres les plus anciennes ont aussi le plus de chance de conserver la marque originelle, ils ont remonté à travers les écoles de Kamakura (XIIIe-XIVe siècles), de Kyoto et de Nara, droit à ce fameux monastère de Hôryûji qui, le premier de tous, aurait été fondé en 607 de notre ère. Mais là même il faut bien se rendre à l'évidence : quand, à travers un intervalle de six siècles et l'épaisseur d'un continent, l'art du Gandhâra a pénétré jusque dans les îles du Pacifique, il y est arrivé plus chinois que grec.