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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s2.23

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s2.23

Language
French

v3.c17.s2.23

rocher, toute une forêt de stèles en style nouveau qui se dresse. Et ainsi il apparaît bien que l'influence classique indirectement apportée de l'Inde a été infiniment plus forte et plus efficace que celle qui filtrait directement à travers l'Iran. De ce phénomène, à première vue inattendu, les raisons se découvrent aisément. C'est d'abord, il va de soi, que le répertoire gandhârien profitait de tout le prestige du Bouddhisme et de la place considérable que celui-ci tint un instant à la cour et dans la société chinoises. Mais c'est aussi parce qu'au Gandhara — ne craignons pas de le répéter une fois de plus, car tel est bien décidément le rôle essentiel de son école — la tradition classique avait été déjà accommodée aux goûts esthétiques en même temps qu'aux besoins religieux des populations asiatiques. Entre la civilisation d'Antioche ou d'Alexandrie et celle de Ta-tong-fou ou de Ho-nan-fou, l'écart était trop grand pour que de simples rapports commerciaux pussent jamais exercer une action vraiment profonde sur leurs arts respectifs. Tout se serait vraisemblablement borné, pour l'amusement des curieux, à quelques transferts d'images ou d'objets d'art, à quelques emprunts de décors, peut-être à quelques pastiches — en somme aux manifestations fort superficielles que nous avons vu de nos jours l'importation des estampes japonaises provoquer chez nos amateurs ou nos artistes européens. Pour que l'influence classique ait pu à un moment donné transformer l'art héréditaire de la vieille Chine, révolutionner sa glyptique, ouvrir de nouveaux horizons à sa peinture, il fallait que ce fût le don de joyeux avènement des dieux créés par l'école du Gandhara à l'imitation de ceux de l'Olympe. Influence de pure forme, dira-t-on. — Peut-être : mais il faudrait être aussi volontairement aveugle pour se refuser à lui faire sa part que pour en exagérer l'importance. Qu'on la restreigne tant qu'on pourra, nous serons le premier à y applaudir, pourvu qu'on l'admette.