Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.79
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.79
- Language
- French
v1.c2.s3.t2.79
Le Népal ne bougea pas ; mais le Teshu-Lama s'était compromis. Il avait accueilli en ami l'agent de Warren Hastings et du gouvernement britannique ; il s'occupait d'ouvrir le Tibet au commerce étranger, et même au commerce anglais. Il agissait en chef indépendant, comme s'il avait oublié les événements accomplis depuis 1750. Les Chinois se chargèrent de les lui rappeler. Une dernière et formidable révolte avait coûté au Tibet les derniers vestiges de son autonomie ; deux commissaires chinois résidaient à Lhasa et surveillaient les ministres du Lama, qu'on avait rétabli dans son pouvoir temporel ; une garnison chinoise occupait un faubourg de Lhasa ; des postes chinois gardaient toutes les passes des frontières. Le Teshu-Lama, coupable d'imprudence, était un personnage trop vénéré pour qu'on pût agir brutalement à son égard. L'empereur K'ien-long imagina un subterfuge ingénieux, digne de son adresse politique. Il allégua son grand âge, et demanda en termes pressants au Teshu-Lama de lui apporter avec sa bénédiction les instructions sublimes de la sainte doctrine. Le Lama s'excusa longtemps ; mais il dut enfin céder, quitta son monastère en 1779, gagna la Mandchourie par la voie plus courte et plus pénible du Koukou-nor, suivit l'Empereur de Jéhol à Pékin, traité comme un dieu plus que comme un homme, et mourut soudainement dans la capitale impériale, en 1780, soit de la petite vérole, soit du poison. En attendant la majorité de l'enfant où il s'était réincarné, comme il sied aux Lamas, la cour confia la direction des affaires de Ta-chi-loun-po à un frère du Teshu-Lama, qui l'avait accompagné à Pékin et qui offrait les meilleures garanties.