Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.80
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.80
- Language
- French
v1.c2.s3.t2.80
Mais le défunt avait un autre frère, qui demeurait à Ta-chi-loun-po, et qui passait pour une mauvaise tête ; on l'appelait *Cha-mar-pa* « le Bonnet-Rouge », soit qu'il appartint en effet à cette secte, soit par mépris. Quand il apprit la mort du Lama, Cha-mar-pa mit la main sur le trésor du couvent et s'enfuit au Népal ; là, il peignit aux Gourkhas éblouis un Tibet de fantaisie avec un sol rempli de métaux précieux et des monastères bourrés de richesses. Il n'en fallait pas tant pour enflammer la cupidité insatiable des Gourkhas : une troupe forte, dit-on, de 7 000 hommes franchit les passes à l'improviste en avril 1790, sous prétexte de devancer une agression imminente des Tibétains, d'exiger une convention monétaire, enfin de protester contre une élévation des tarifs de douane et contre la mauvaise qualité du sel fourni par les Tibétains : trop de raisons, et de raisons trop incohérentes pour être sérieuses. Ils avancèrent à marches forcées et parurent sous les murs de Shikar-Jong, à mi-chemin de Lhasa. Les Tibétains affolés essayèrent en vain de secourir la place. Les commissaires chinois, épouvantés de leur responsabilité, voulurent à tout prix régler l'affaire avant que l'Empereur en fût avisé : ils promirent aux Gourkhas un règlement avantageux ; les Gourkhas se retirèrent, et s'installèrent à Kuti, à Kirong et à Phullak, en possession des passes. Kirong fut choisi comme siège des négociations. Les Gourkhas réclamaient une indemnité de guerre de cinq millions de roupies, ou la cession de tout le territoire qu'ils avaient conquis au Sud du mont Langour, ou un tribut annuel de 100 000 roupies.