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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.82

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.82

Language
French

v1.c2.s3.t2.82

Mais, tandis que le commissaire chinois Tchong-pa annonçait triomphalement à l'Empereur la soumission des ennemis, et représentait l'ambassade des Gourkhas comme un acte de contrition, le Dalai-Lama refusait de souscrire aux engagements pris. Les Gourkhas frustrés réclamèrent en vain l'exécution du traité ; ils portèrent plainte au commissaire chinois qui, fidèle à sa tactique, intercepta la plainte et se garda d'en aviser le gouvernement de Pékin. Les Gourkhas enhardis reprirent en armes la route du Tibet (1791), pénétrèrent par la passe de Kuti et marchèrent droit sur Ta-chi-loun-po. Terrifié, le résident chinois voulait évacuer le Tibet : il n'essaya pas même de défendre le couvent du Teshu-Lama. Le Teshu-Lama, qui était tout jeune encore, ne dut son salut qu'à une fuite précipitée ; un fonctionnaire chinois fut pris et envoyé au Népal. Les Gourkhas pillèrent le couvent et se replièrent en arrière pour mettre leur butin en sûreté, sans profiter du désarroi général qui leur ouvrait le chemin de Lhasa. L'Empereur cependant avait sommé le gouvernement gourkha, par un envoyé spécial, de lui remettre le bonze Cha-mar-pa tenu pour l'instigateur et l'auteur de ces troubles. L'envoyé chinois fut traité grossièrement ; sans respect des rites compliqués de l'étiquette chinoise, un simple huissier prit livraison de la lettre impériale. La mesure était comble (janvier 1792). K'ien-long donna l'ordre à 5 000 soldats des principautés et des colonies militaires du Kin-tchoan de rallier les 3 000 réguliers en garnison au Tibet ; et pour opposer à la valeur éprouvée des Gourkhas de solides adversaires, il leva parmi ses fidèles Mandchous une troupe de 2 000 hommes recrutés parmi les tribus belliqueuses des Solon, sur les bords de l'Argoun ; il fallait gagner du temps ; on leur fit prendre la route du Koukou-nor, plus courte de trente jours que la voie de Ta-tsien-lou, mais hérissée de difficultés et d'obstacles. En mai 1793, les trois contingents étaient réunis sous le commandement de Fou-k'ang ; l'armée chinoise ne comptait que 10 000 hommes, au témoignage de l'historien chinois ; la relation tibétaine lui attribue 70 000 hommes, partagés en deux divisions.