Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.31
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.31
- Language
- French
v1.c3.s3.31
Enfin, si le procès présente des difficultés insolubles, ou si les parties en expriment le désir, avec l'assentiment préalable du roi, il est procédé à l'épreuve par l'eau. Les noms des parties respectives sont tracés sur deux morceaux de papier qu'on roule en balles et qu'on adore (pûjâ). Chacune des parties verse un droit d'une roupie. Les balles sont alors attachées à des tiges de roseau. Nouveau versement de deux annas. Les tiges sont remises à deux sergents de la cour qui les portent à l'Étang de la Reine (Rânî pokhrî); un bičâri, un brahmane et les parties les accompagnent, ainsi que deux individus de caste infime (Čamakallak ou Čamâr). En arrivant à l'étang, le bičâri engage encore les parties à chercher d'autres moyens avant de recourir à l'ordalie. Si les parties s'obstinent à réclamer l'épreuve, les deux sergents, portant chacun une tige, vont l'un à l'Est, l'autre à l'Ouest de l'étang, et pénètrent dans l'eau jusqu'à mi-jambe. A leur tour, le brahmane, les parties, les Čamârs entrent un peu dans l'eau ; le brahmane adore Varuṇa au nom des parties et récite un texte sacré qui fait appel à Sûrya (soleil), Čandra (lune), Varuṇa (dieu des Eaux) et Yama (dieu des Morts), lesquels lisent la pensée des vivants. Le rite achevé, le brahmane marque au front les Čamârs et leur dit : « Que le champion de la vérité triomphe, et que le champion de la fausseté perde ! » Alors le brahmane et les parties se retirent de l’eau, et les Čamârs vont chacun séparément à la place où se dresse une des tiges; ils entrent dans l’eau profonde, et à un signal plongent tous deux en même temps. Le premier qui sort, on détruit aussitôt la tige et la balle le plus proches de lui. On rapporte l’autre tige, on ouvre la balle, et on lit le nom; c’est le nom du gagnant. Gagnant et perdant ont encore à payer l’un et l’autre une série de taxes¹.