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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.38

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.38

Language
French

v1.c3.s3.38

Le système ingénieux des jagirs annuels permet aux Gourkhas de compenser l'insuffisance du numéraire. Comme la solde de l'armée, les traitements civils sont payés en concessions de terrains. Chaque année, à la pañjanî, le roi comme propriétaire absolu du sol octroie aux serviteurs qu'il engage ou qu'il maintient un fief dont la valeur et l'étendue varient naturellement avec l'importance de la fonction ; l'année écoulée, le fief retourne au roi qui en dispose de nouveau à son gré. Ces fiefs portent le nom persan de jagirs, et les concessionnaires sont appelés jagirdars. Le gouvernement évite autant que possible de laisser plus d'un an le même jagirdar en possession de son fief, afin de mieux marquer le caractère provisoire de la concession, d'empêcher l'attachement de l'individu au sol et de rappeler la toute-puissance du roi. La plupart du temps, les traitements sont payés exclusivement en jagirs ; dans certains cas, le trésor verse un complément en numéraire. Le jagir ne remplace pas seulement les traitements; il tient aussi lieu de pension. Les veuves, les orphelins des serviteurs de l'État reçoivent des jagirs, répartis avec la plus sévère équité. Le jagir peut se borner à un champ, où comprendre une ville entière. La ville de Sankou, au N.-E. de la vallée, est le jagir de la première reine (mahâ rânî) ; au temps d'Hamilton, le revenu en était estimé à 4 000 roupies.