Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.168
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.168
- Language
- French
v1.c4.168
Le premier qui s'en servit, sur le conseil même de Çiva, n'était autre que Guṇâdhya, l'immortel auteur de la Bṛhatkathâ. Le Mâhâtmya ne manque pas l'occasion de rapporter tout au long l'histoire si populaire de ce conteur que la tradition tenait pour un génie déchu ; mais sur plusieurs points le récit du Mâhâtmya, comparé avec Kṣemendra et Somadeva, présente des divergences assez considérables pour qu'il soit utile de les signaler, soit qu'elles tiennent à la fantaisie ou à l'ignorance de l'auteur, soit qu'elles décèlent une source indépendante. Le génie déchu n'est plus Puṣpadanta, mais Bhṛṅgin ; il s'est transformé en abeille pour s'insinuer dans la chambre où Çiva contait à Pârvatî ses contes merveilleux. Reconnu coupable, quand il sollicite du dieu qui l'a maudit de fixer un terme à sa malédiction, Çiva lui impose comme première condition de publier sur la terre, en 900 000 vers, les contes qu'il a surpris indiscrètement ; puis il doit élever un liṅga sur un sol sacré qu'il est difficile d'atteindre ; alors seulement il retournera au mont Kailâsa. En conséquence, Bhṛṅgin-Guṇâḍhya naît à Mathurâ ; puis il se rend à Ujjayinî où règne le roi Madana, marié à Lîlâvatî, fille du roi de Gauḍa, et qui a pour ministre Ҫarvavarman. Le roi Madana commet la fameuse confusion de modaka « gâteau » avec modaka « pas d'eau » ; humilié de son ignorance qui l'a rendu ridicule, il demande une grammaire sanscrite ; Ҫarvavarman compose le Kalâpa. Guṇâḍhya se retire de la cour, rencontre l'ascète Pulastya qui lui rappelle sa vraie condition et l'engage à écrire ses contes en dialecte paiçâcî ; qu'il parte ensuite au Népal. Guṇâḍhya suit ces conseils, refuse de retourner auprès du roi Madana auquel il remet le manuscrit de son œuvre, et se rend au temple de Paçupati. Il décrit un pradakṣiṇa autour de la vallée, convoque tous les religieux des environs, et avant de remonter au ciel dresse un liṅga qui porte le nom de Bhṛṅgîçvara. « Et aujourd'hui encore, à chaque nœud de la lune, Bhṛṅgin revient sous la forme d'une abeille (bhṛṅga) pour revoir son liṅga. »
Linked texts (5)
- Kathāsaritsāgara — Somadeva Bhaṭṭa, Sanskrit
- Kātantra — Śarvavarman, Sanskrit
- Bṛhatkathā
- Bṛhatkathāmañjarī — Kṣemendra, Sanskrit
- Nepālamāhātmya — Sanskrit