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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.43

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.43

Language
French

v1.c4.43

Mais rien n’empêche de donner à cette légende une origine ancienne¹. Mañjuçrî est, depuis de longs siècles, tenu particulièrement en honneur chez les Tartares; la montagne des cinq sommets (Pañca-çîrşa), d’où il partit en pèlerinage au Népal, est célèbre dans toute l’étendue de l’Empire chinois. La désignation sanscrite de Pañca-çîrşa parvata correspond littéralement à l’appellation chinoise : Ou (cinq) t’ai (terrasse) chan (montagne). Le mont Ou-t’ai-chan est situé à l’E.-S.-O. de Pékin; on y accède de la capitale par la voie de Kalgan, Chi-pa-r-tai, et Ta-toung, d’où cinq jours de marche vers le Sud mènent à la vallée d’Ou-t’ai. Le plus ancien des temples de l’Ou-t’ai-chan remonte, dit-on, à Açoka; c’est un stûpa à la manière de Syambunath, construit en briques, revêtu de stuc et couronné d’un T doré, qui porte son faîte à vingt-cinq mètres; il passe pour contenir des reliques du Bouddha. Il est certain que le principal temple, le Hien-t’oung-seu, fut bâti entre 471 et 500 de J.-C. par un souverain de la dynastie des Wei postérieurs; on y accède par un escalier de cent trente marches de marbre, jonchées de cheveux offerts pour mériter le paradis. La statue de Mañjuçrî trône au milieu du temple, toute décorée d’écharpes en soie (*kaçâyas*) déposées en offrande par les fidèles. Depuis le VIe siècle, toutes les dynasties ont rivalisé de zèle à honorer le sanctuaire. Dès le règne de Kai-hoang, des Souei (581-601), des temples furent élevés sur chacun des cinq sommets. L’empereur Young-lo, des Ming, qui entretint des relations diplomatiques avec le Népal, y fit déposer, au Pou-sa-t’ing, le premier exemplaire des textes bouddhiques en langue indienne (*fan*) qu’il avait fait graver et tirer sur cuivre d’après les originaux rapportés de l’Occident par une mission spéciale¹.