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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.68.2

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.68.2

Language
French

v1.c4.68.2

Les doctrines des Tantras, qui servirent de trait d’union entre le Bouddhisme et le Çivaïsme, n’ont pas dû puiser dans l’Inde civilisée leurs inspirations d’un mysticisme farouche, obscène et sanguinaire ; c’est ailleurs qu’il faut peut-être en chercher la source impure. Plusieurs des Tantras revendiquent avec franchise la Chine pour berceau. Le Târâ-tantra, qui exalte une antique divinité, d’origine stellaire peut-être, adoptée et propagée par le bouddhisme¹, puis recueillie par l’hindouisme, révèle que la connaissance de Târâ est venue du pays de Čîna, de la Chine même ; c’est là que Vasiṣṭha, l’antique voyant des hymnes védiques, a dû se rendre pour s’instruire auprès du Buddha, qu’il n’avait pu rencontrer ni dans l’Inde, ni même au Tibet : tel est le secret que Çiva en personne confie à son épouse Pârvatî, en s’appuyant sur l’autorité du Čîna-tantra. Du reste, qu’on ne s’y trompe pas ; le Bouddha n’est ici, comme il convient, qu’une forme de Viṣṇu, en même temps qu’il est un grand Bhairava, la manifestation de Çiva² ! Le Mahâ-Čîna-kramâcâra, appelé aussi Čînâcâra-sâra-tantra, qui prétend dissiper les derniers doutes de Pârvatî, interloquée par les révélations stupéfiantes de Çiva, raconte en détail la visite de Vasiṣṭha en Chine et les enseignements qu’il y reçut.