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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.214

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.214

Language
French

v2.c6.214

La mère de Mânadeva, Râjyavatî, ne cesse point d'être au premier plan dans le cours de cette longue inscription. Son panégyrique rejette dans l'ombre l'éloge funèbre de son époux défunt et balance le panégyrique du roi régnant. A la mort de Dharmadeva, c'est elle qui appelle, comme par un choix personnel, Mânadeva, son fils, au trône et qui lui remet le pouvoir. L'entrevue de la mère et du fils rappelle la scène, dépeinte avec une concision pittoresque dans l'inscription du pilier d'Allahabad, où Candra Gupta I désigne en présence de ses courtisans, agités d'émotions diverses, Samudra Gupta comme l'héritier de la couronne. « C'est un noble, dit-il en l'embrassant, son émotion trahie par un duvet hérissé; la cour respirait d'aise, et ses égaux de naissance levaient sur lui des regards fanés; l'œil frissonnant d'émotion, alourdi de larmes, perspicace, son père le regardait et il lui dit : Gouverne donc la terre entière! » (l. 7). Mais ici la mère et le fils occupent seuls la scène, et leurs discours se poursuivent avec une abondance extrêmement rare dans l'épigraphie hindoue. La mère, — Agrippine ou Blanche de Castille? — veut suivre son époux dans la mort et ne renonce au bûcher que devant les objurgations de son fils. Elle vit pour être le conseiller vénéré et avisé du nouveau roi; associée au pouvoir, elle approuve les entreprises militaires de son fils; elle désigne son propre frère, comme général en chef; Mànadeva n'échappe à sa mère que pour passer sous la tutelle de son oncle maternel. Et quand il revient victorieux de ses campagnes, Râjyavatî n'entend pas confondre ses donations pieuses avec les donations de son fils. Elle a ses brahmanes et ses temples, ses pauvres et surtout ses obligés.