Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.114
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.114
- Language
- French
v2.c7.114
Tandis que la puissance politique du Tibet se développait, le bouddhisme avait fait des progrès énormes. Introduit par l'influence simultanée de l'Inde et de la Chine, sous les auspices de deux princesses gracieuses, il avait reçu bientôt de puissants renforts, dus au malheur des temps. L'Islam était né (hégire : 622 de J.-C.) ; une expansion irrésistible l'avait porté en triomphateur jusqu'au Pamir et jusqu'aux passes de l'Inde en moins d'un siècle. Les moines à la robe jaune fuyaient, éperdus, devant ces singuliers apôtres qui pillaient les temples et brûlaient les couvents. L'Inde effarée se resserrait autour des brahmanes qui représentaient cet ordre antique des choses, qu'on avait trop longtemps cru immuable ; elle se détachait du bouddhisme, suspect d'indulgence et de tendresse aux barbares. Les successeurs de Srong btsan sgam po virent qu'ils pouvaient tirer parti de la situation : ils accueillirent à bras ouverts les exilés, les expulsés qui apportaient au Tibet les sciences humaines et les connaissances surnaturelles et qui mettaient de plus au service des ambitions tibétaines leurs anciens fidèles, apostats par peur ou par entraînement, mais tout prêts à rentrer dans le giron de l'Église au jour de sa victoire. Les couvents se multiplièrent ; sous la direction de savants venus de l'Inde et du Népal, on commença à traduire les livres saints. En 824, une ambassade tibétaine vint demander à la cour de Chine une image de la montagne Ou-t'ai (Pañca çirṣa) où réside Mañjuçrī.