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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.158

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.158

Language
French

v2.c7.158

En 135 comme en 128, Rudra deva n'est point installé seul au pouvoir; mais il a changé de compagnie. Il est associé cette fois à Bhoja deva (16) et à Lakṣmîkâma deva (17), ou plutôt il est mentionné avec eux, sans qu'on puisse déterminer avec précision les relations de ces trois personnages. Il semble que Bhojadeva, désigné comme le roi (râjñi), a gagné Rudra deva par la multitude de ses innombrables mérites, cependant que Lakṣmîkâma deva jouit de la demi-royauté (ardharâjya). M. Bendall en déduit que Rudra deva conservait la moitié du royaume, tandis que Bhojadeva et Lakṣmîkâma deva se partageaient entre eux l'autre moitié. J'incline à penser, avec M. Foucher¹, que Bhojadeva est en réalité le successeur de Rudra deva. Le scribe semble avoir péniblement machiné un jeu de mots sur gaṇa qui signifie à la fois « multitude » et « les génies au service de Rudra (Çiva) ». Le mot *âlabdha* qui caractérise les rapports de Bhojadeva avec Rudradeva est interprété par Çridhara svâmin, dans son commentaire sur le Bhâgavata-Purâṇa (X, 57, 40) comme « interpellé » ou « touché au cœur, » et c'est ce dernier sens qu'adopte Hauvette-Besnault dans la traduction du passage¹. Bhojadeva n'aurait pas succédé à Rudra deva comme son héritier naturel, mais en vertu d'un choix mérité. Lakṣmîkâma deva « foudre du monde de ses ennemis » dispose d'une « demi-royauté ». La même expression reparaît précisément dans la scène de Mâlavikâgnimitra que j'ai déjà citée. Une servante entend la décision du roi et félicite aussitôt Mâlavikâ, sœur de l'un des princes à qui le pouvoir va être confié. « Princesse, quelle chance! Le prince va être installé à la demi-royauté (en prâcrit : *addharajje*) ! » Le terme a donc une valeur consacrée : il s'applique exactement au pouvoir d'un des deux membres du *dvirâjyaka* ou du *dvairâjya*.

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