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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.s5.64

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.s5.64

Language
French

v2.c7.s5.64

Au printemps de 1837, le neveu de Bhim Sen, Matabar Singh, le chef le plus populaire de l'armée, est révoqué du gouvernement de Gourkha, et sa place est donnée à un fils de ce Damodar Panre qui avait été le prédécesseur et la victime de Bhim Sen. En juin, le fils aîné de Damodar, Ran Jang Panre (Raṇa Jaṅga Pâṇḍe) est remis en possession des titres et biens qu'avait possédés le père. Quelques jours plus tard, le plus jeune fils de la première reine meurt brusquement ; on accrédite le bruit que Bhim Sen a voulu empoisonner la reine, et que l'enfant est victime de ses manœuvres coupables ; il est arrêté, jeté en prison, avec Matabar Singh et tout le reste de sa famille. Les médecins du palais, qui étaient des créatures de Bhim Sen, sont aussi incarcérés. Tous sont rayés de la caste, mis à la torture ; leurs biens sont confisqués. Ran Jang Panre remplace Bhim Sen au ministère. Mais le retour brusque des Panres inquiète les autres partis. Les Chauntrias, collatéraux de la famille royale, que Bhim Sen a tenus à l'écart depuis 1804, les Brahmanes qui ont perdu le plus clair de leurs revenus par des spoliations successives, réclament leur part de la curée. Les ambitions rivales qui épuisent toutes leurs forces à se neutraliser provoquent un semblant de réconciliation générale. Bhim Sen s'humilie aux pieds du roi qui lui octroie son pardon ; les prisonniers sont relâchés et rentrent en grâce ; l'armée fait à son vieux chef et à son jeune favori une conduite triomphale. Ran Jang descend du pouvoir où il vient de se hisser, et laisse la place au chef du parti brahmanique, Raghu nâtha Paṇḍita, qui cherche à ménager tout le monde, mais que l'armée regarde avec antipathie comme le représentant d'une concurrence dangereuse. Ran Jang, nommé commandant en chef, cultive à son profit cette désaffection de la soldatesque ; il prend avantage du départ des officiers attachés à Bhïm Sen, et qui ont donné leur démission pour le suivre dans sa retraite forcée.