Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c8.90
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c8.90
- Language
- French
v2.c8.90
Lundi 7 février. — J’ai vu aujourd’hui une leçon de choses étrangement expressive. J’ai été visiter Budhnâth, à l’E.-N.-E. de Katmandou, entre la Bagmati et le mont Sivapuri, non loin de Paçupati. Budhnâth est le plus grand des stûpas bouddhiques du Népal, plus grand que les quatre stûpas d’Açoka à Patan. La base circulaire de briques plâtrées est tout au long percée de niches régulières où sont fixées des barres verticales autour desquelles tournent les moulins à prières portant inscrit Om mani padme hum. Quatre terrasses circulaires de briques s’étagent de la base jusqu’à l’hémisphère du stûpa ; le stûpa est couronné par une sorte de clocheton rectangulaire où sont peints sur chaque face deux grands yeux, et l’édifice se termine par un dais rouge supporté par des tringles de cuivre. Tout autour du stûpa, dessinant un rectangle irrégulier, des maisons d’un étage où résident quelques Névars, mais qui servent surtout d’abri aux pèlerins tibétains. Budhnâth est le sanctuare des Tibétains ; la Vamçavalî en attribue la construction à Mâna deva, mais les reliques qui y sont déposées sont les reliques d’un saint tibétain. Un lama y réside et y fait les cérémonies. Budhnâth est sans contredit le chef-lieu de la pourriture humaine. Le sol n’y est fait que de fumier, et quel fumier ! et les Tibétains y grouillent, répandant au loin une puanteur de suint à dégoûter les moutons, un parfum de bouc à faire fuir les chèvres, étalant dans les entre-bâillements de leurs loques immondes des chairs huileuses qui n’ont jamais souillé l’eau.