Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s1: I. — Inscription du pilier de Changu Narayan
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s1
- Language
- French
I. — Inscription du pilier de Changu Narayan
v3.c10.s1.1
Le pilier de Changu Narayan a été découvert par Bhagvanlal Indraji qui a estampé et publié en partie l'inscription. Malheureusement le prêtre du temple où ce pilier est conservé ne permit pas au pandit de dégager la partie inférieure, qui était enfoncée dans le sol. Bhagvanlal ne put donc relever que les 17 premières lignes de la face I, 17 de la face II, et 20 de la face III. Avant mon départ pour l'Inde, Georges Bühler, qui devait périr tragiquement un peu plus tard, recommanda tout particulièrement à mon attention l'inscription incomplète ; il m'engagea, si j'obtenais d'entrer au Népal, à multiplier les démarches afin de rapporter un estampage complet. J'ai déjà raconté (vol. II, 388 ; 404) comment la bienveillance du Darbar me facilita la tâche ; le zèle éclairé du Mahârâja Bîr Sham Sher sut triompher des refus et des menaces du prêtre de Changu Narayan. L'accès du temple, il est vrai, me resta interdit par une mesure de rancune puérile ; mais les soldats Gourkhas que j'avais dressés réussirent à déterrer la base du pilier sans l'endommager, et à prendre plusieurs estampages de l'inscription totale.
v3.c10.s1.2
J’ai pu, de l’enclos du temple, regarder le pilier qu’il m’était pas donné d’approcher ; je l’ai indiqué sur la photographie reproduite I, 231. La description fournie par Bhagvanlal est parfaitement exacte : il est situé à gauche (pour le spectateur) de la porte du temple de Changu Narayan ; la moitié inférieure est carrée ; le haut est d’abord octogone, puis chacun des pans se dédouble, et le sommet est circulaire. Les débris du chapiteau ancien et du Garuḍa qui le couronnait sont encore conservés dans une sorte de cage à claire-voie au milieu de la cour d’entrée ; le lotus et le cakra qui ont remplacé le couronnement primitif, depuis une cinquantaine d’années maintenant, se voient sur la photographie. L’architecture du pilier rappelle de très près le pilier de Harigaon (cf. la photographie II, 119) ; la paléographie rapproche de même les deux inscriptions.
v3.c10.s1.3
L’inscription de Changu Narayan est gravée avec beaucoup de soin sur trois des quatre faces. La partie inscrite couvre sur la face I une hauteur de 0m,80 ; sur la face II, de 0m,80 ; sur la face III de 0m,92, divisée respectivement en 26 lignes (I), 24 lignes (II), 28 lignes (III). La largeur des lignes sur les trois faces est uniformément de 0m,34. Les caractères ont en moyenne une hauteur de 0,012 sur la face I, de 0,011 sur les deux autres ; l’espacement des lignes est d’environ 0,22 sur les deux premières faces ; sur la IIIe, il est irrégulier et va en croissant vers la fin, avec un écart de 0,018 à 0,026.
v3.c10.s1.4
L’écriture est, nettement et sans hésitation possible, du type Gupta. Les observations de détail ne feraient guère que doubler celles que je présenterai au sujet du pilier de Harigaon. Parmi les lettres les plus caractéristiques, je me contenterai de citer l’i initial (II, 15 ; III, 4 ; 9 ; 16) formé de deux points disposés verticalement et d’une barre verticale à la droite de la barre, fermé à la droite du scribe, le sa avec sa large boucle, le *dha* ovale, le *tha* complètement arrondi, le *bha* avec l'angle largement ouvert. Bhagvanlal (et Bühler qui a traduit son article) avait déjà constaté que « la forme des lettres concorde exactement avec celle des inscriptions Gupta ». Cependant M. Fleet n'a point hésité à descendre la date de cette inscription jusqu'au début du VIIIe siècle (705 J.-C.), aussitôt avant Çivadeva (II) et Jayadeva ; l'éminent épigraphiste s'est trouvé, dans cette occasion, entraîné à dénier l'évidence du témoignage paléographique pour soutenir une combinaison chronologique abandonnée aujourd'hui. C'est aux environs du Ve siècle que la paléographie tendrait à ranger Mânadeva, comme avaient fait Bhagvanlal et Bühler qui interprétaient la date de l'inscription par l'ère vikrama (386 samvat = 329 J.-C.), à l'époque même de Samudragupta « dont les édits sur piliers ressemblent totalement aux inscriptions de Mânadeva » (*Some considerations on the History of Nepâl*, p. 50 du tirage à part). Nous aurons à discuter tout à l'heure les détails de la date.
v3.c10.s1.5
L'inscription est en sanscrit, et à l'exception des deux premières lignes où est énoncée la date, elle est en vers. Chacune des stances porte à la marge son numéro d'ordre indiqué en lettres numérales. Le mètre employé d'un bout à l'autre est le çârdûlavikrîdita, que le poète manie avec une réelle aisance. A défaut d'une imagination originale ou brillante, l'auteur possède à fond son métier de versificateur ; sa langue est pure et simple ; il n'abuse pas des longs composés ; il atteint rarement et ne dépasse pas un groupement de sept mots. Son lexique est classique. Le mot *nirbhî* (III, 16) manque, il est vrai à P.W. ; mais P.W.² cite le mot avec une référence à Caraka. Le mot *apâstra* « arme de défense » (III, 1) n'est point relevé dans P. W.² Bhagvanlal note comme une impropriété l'emploi du causatif *kâraya* pour le simple (II, 8: *râjyam putraky kâraya*); mais sa critique porte à faux. L’expression *rājyam kāray°* est consacrée tout au moins par le vers traditionnel sur le règne de Râma, attesté à la fois en sanscrit par le Râmâyaṇa VI, 130, 104; le Mahâ Bhârata VII, 2244 (et cf. III, 11219); le Harivamça 2354 :
v3.c10.s1.6
..... *Rāmo rājyam akārayat*
v3.c10.s1.7
et en pâli par le Jâtaka 461 (Daçaratha j°):
v3.c10.s1.8
..... *Rāmo rajjam akārayi.*
v3.c10.s1.9
Le Râmâyaṇa emploie ailleurs encore la même expression, p. ex. à propos de Dilîpa (I, 42, 8 éd. Bombay) :
v3.c10.s1.10
..... *rājā rājyam akārayat.*
v3.c10.s1.11
La graphie, dans l’ensemble, est extrêmement correcte; les fautes relevées par Bhagvanlal sont des lapsus du pandit lui-même. La prétendue correction *abhidhānāt satī* (II, 1) est fondée sur un faux sens; la construction est littéralement : « La reine Râjyavatī sera Çrī en personne, étant *ayant*-désignation d’épouse du roi ». *Satī*, qui suit *abhidhānā*, n’est pas une simple platitude, mais marque bien, conformément à l’usage, la fonction d’épithète du terme précédent. Le *bha* de *bharttuḥ* II, 17 est très clairement tracé et ne ressemble pas à un *ka*. La correction indiquée sur II, 14 *prāṇān* est sans raison; le texte aussi bien que le fac-simile et la transcription de Bhagvanlal, écrivent correctement ce mot. La correction *°satvo’ribhiḥ* pour *prajñāsatvoru [bhiḥ]* souligne seulement une erreur de lecture (III, 1); le texte porte clairement *°satpauruṣaḥ* qui est très correct. Enfin (III, 19) il est inutile de substituer *eṣyaty°* à *eṣyaty°*, car le texte porte *eṣyaty°* nettement tracé. Je n’entends pas au reste diminuer par ces constatations le mérite bien connu de Bhagvanlal qui fut un déchiffreur admirable de sagacité et de science.
v3.c10.s1.12
Il convient d’observer que l’inscription de Changu Narayan redouble soigneusement la muette après *r*, et se range ainsi dans la série antérieure à Amçuvarman. Elle note la finale absolue par un caractère de dimension moindre tracé au-dessous du niveau de la ligne, tandis qu’avec Çivadeva (I) et Amçuvarman on voit paraître le trait du virâma tracé soit au-dessus, soit au-dessous de la lettre.
v3.c10.s1.13
L’inscription commémore une donation au dieu de Changu Narayan (*Hari*, I, 6) faite par la reine Râjyavatî, sur le conseil de son fils le roi Mânadeva, à la suite d’une campagne victorieuse qui avait conduit ce prince à l’Ouest du Népal propre, par delà la Gandakî, jusque dans la citadelle (*purî*) du Malla indocile. J’ai déjà commenté du point de vue historique cette inscription (II, 99 sqq.). L’objet de la donation n’est pas clairement énoncé ; il s’agit sans doute du pilier lui-même, indiqué par le démonstratif *tat* « ceci » à la fin de l’inscription. L’usage d’élever des piliers commémoratifs remonte dans l’Inde jusqu’à l’empereur Açoka. Les Guptas, leurs voisins, et leurs successeurs ont renouvelé ou perpétué cette pratique. L’exemple le plus frappant en est la praçasti de Samudragupta à Allahabad, gravée sur un pilier d’Açoka même. La désignation la plus usuelle de ces piliers est le mot *stambha* ; on trouve aussi *yaşti* (= *lât*) appliqué dans une inscription de Hastin et Çarvanâtha (FLEET, *Gupta Inscr.*, p. 111) à un pilier de délimitation (*vala[ya]-yaşti*), et *yûpa* spécialement appliqué aux piliers qui commémorent un rite (pilier de Vişnuvardhana à Bijayagadh, FLEET, *ib.*, 253 ; Skandagupta ? à Bihar ; Mânadeva lui-même emploie ce mot pour désigner les piliers érigés par son père, le pieux Dharmadeva ; III, 5). L’usage est aussi bien çivaïte (Mangaleça à Badami) que vichnouïte (Candra à Mehrauli; Budhagupta à Eran), ou jaina (Kahaun, temps de Skandagupta), ou bouddhique (Simhavarman à Amarâvatî). Dans le culte vichnouïte tout au moins, le pilier est comparé à un étendard du dieu (*Viṣṇor dhvajaḥ sthāpitaḥ*, à Mehrauli ; *Janārdanasya dhva-jastambhaḥ*, à Eran). L’érection du pilier est généralement désignée, comme dans la présente inscription (*ucchritaiḥ*, III, 5) par le verbe *ucchray°*. Par une rencontre, qui n’est pas due seulement au hasard peut-être, l’inscription de Changu Narayan rappelle deux inscriptions sur pilier de Skandagupta. L’une, à Bhitari, célèbre ce prince « lui qui, après que son père fut parti au ciel, rétablit la Lakṣmī de sa race submergée, subjugua son ennemi, et s’écriant : « Me voici le maître ! » alla tout joyeux trouver sa mère qui avait les yeux pleins de larmes, comme Kṛṣṇa avec Devakī » (l. 12-14 : *pitarī divam upete viplutāṃ vaṃṣalakṣmīṃ bhujabalavijitārir yyaḥ pratiṣṭhāpya bhūyaḥ [I] jitam iti paritoṣān māturaṃ sāsranetrāṃ hataripur iva Kṛṣṇo Devakīm abhyupetaḥ [II]*). Le tableau et les expressions même évoquent l’entrevue de Mānadeva avec sa mère Rājyavatī et dénotent sans doute l’imitation du même modèle. L’autre inscription très mutilée (à Bihar) laisse transparaître la personne de la mère du roi (l. 12). Ces deux inscriptions se placent dans la seconde moitié du vᵉ siècle. Un siècle après, l’inscription de Maṅgaleça à Badami présente une analogie un peu plus lointaine avec l’inscription de Changu Narayan. Le roi Maṅgaleça, au retour d’une grande victoire remportée sur le Kalatsûri Buddharāja, fait une offrande à (Çiva) Makuṭeçvara et grave sa donation sur un pilier commémoratif. L’inscription, rédigée dans une prose savante, célèbre d’abord les ancêtres du roi, comme fait Mānadeva à Changu Narayan ; puis vient l’éloge du roi, enfin le narrateur passe au récit des circonstances de la donation par un mouvement presque identique de part et d’autre (*kim bahunā*, Badami, l. 10. — *kiṃ vākyair bbahubhiḥ*, Changu III, 20). « Le roi, qui avait au cœur l’impatience de dresser un pilier commémoratif de la victoire de sa puissance (*çaktijayastambha*), considéra qu'il fallait d'abord dresser le javelot d'un pilier en commémoration du triomphe de la piété (*dharmmajayastambhaçakti*)... Il manda l'épouse de son père, la reine Durlabhadevî et lui dit: Que ceci soit ton affaire! Présentez en offrande à Makuṭeçvara Nâtha ces choses... (l'énumération suit). »
v3.c10.s1.14
L'inscription de Changu Narayan est datée de « samvat 386, au mois de jyaiṣṭha, quinzaine claire, premier jour de la lune, 1, la lune étant associée à l'astérisme Rohiṇī, au temps favorable d'Abhijit ». Bhagvanlal, sans s'arrêter aux détails de la date, avait examiné l'interprétation de l'année au point de vue de la chronologie fournie par les Vamçavalîs. Il avait réduit d'une part à l'ère çaka (= 464 J.-C.), de l'autre à l'ère vikrama (= 329 J.-C.) ; puis trouvant que la moyenne des règnes entre Mânadeva et Jayadeva était plus vraisemblable dans le second système que dans le premier, il avait préféré l'ère vikrama. Le procédé est toujours délicat ; appliqué aux Vamçavalîs du Népal, si fantaisistes dans leurs spéculations chronologiques, il était voué d'avance à l'échec. M. Fleet a plus tard repris l'examen de la chronologie ancienne du Népal en se fondant sur la date 316 de Çivadeva (I) donnée par l'inscription du Golmadhitol que M. Bendall avait récemment découverte et publiée. Je laisse de côté la discussion de ce système que j'ai déjà critiqué dans un article du *Journal asiatique*, en 1894. M. Fleet, admettant que les inscriptions du Népal se divisent en deux séries parallèles usant d'ères différentes, rapporte l'inscription de Changu Narayan à l'ère Gupta ; il obtient ainsi 386 Gupta = 705-706 J.-C. = 628 çaka courant, soit 627 çaka expiré. Partant de cette donnée, Sh. B. Dikshit a vérifié pour M. Fleet les détails de la date ; il a trouvé que « la tithi donnée finissait le mardi 28 avril 705 J.-C., à 57 ghaṭīs 12 palas après le lever du soleil ; que le nakṣatra Kṛttikā durait jusqu’à 11 ghaṭīs 3 palas après le lever du soleil, que le nakṣatra Rohiṇī venait ensuite et continuait jusqu’à 11 ghaṭīs 18 palas après le lever du soleil le lendemain mercredi, et que, conséquemment, le muhūrta Abhijit, qui est le huitième dans la série des muhūrtas, et qui commence donc avec la 15e ghaṭī comptée depuis le lever du soleil, s’est produit, comme le veut le texte de l’inscription, tandis que le nakṣatra Rohiṇī était courant » (Gupta Inscr., Introd. 93-95).
v3.c10.s1.15
Comme il arrive souvent des prétendus arguments scientifiques introduits dans les recherches d’histoire et de philologie, la preuve ne prouve rien. Les détails de la date, malgré leur nombre, ne laissent rien de précis à la vérification. La position donnée, loin d’être accidentelle, est presque régulière, ou du moins très fréquente. En effet le mois de jyaiṣṭha est le mois où la lune doit être pleine dans la constellation de Jyeṣṭhā ; donc, à la nouvelle lune qui précède, la longitude de la lune doit être de 180° de moins. L’intervalle entre Jyeṣṭhā et Rohiṇī étant de 187°, et le déplacement de la lune étant de 12° par tithi, il y a de fortes chances pour que la lune passe en Rohiṇī dans le courant de la première tithi (pratipad) de jyaiṣṭha. De plus, le muhūrta Abhijit (= Vidhi° ou Brahma°) est le huitième des quinze muhūrtas de la journée, ou des trente muhūrtas qui vont du lever du soleil au lever suivant ; chaque muhūrta dure 48 minutes. Donc, au moment où commence Abhijit, 7 × 46' = 336 minutes = 5 heures et 36 minutes se sont écoulées depuis le lever ; la distance de la lune à Jyeṣṭhā s’est ainsi réduite d’un peu moins de 3°, et sa position a plus de chances encore d’être dans la région du nakṣatra Rohiṇī. Au reste, s’il s’agit d’arguments astronomiques, il faut observer que la solution calculée par Dikshit et adoptée par Fleet est inconciliable avec l’intercalation d’āṣāḍha en 449 fournie par une de nos inscriptions. Si 386 saṃvat équivaut à 628 çaka courant, 449 équivaut alors à 691 çaka courant ; or cette année-là, il y a une intercalation de jyaiṣṭha dans le système vrai, de vaiçākha dans le système moyen, mais non pas d'āṣāḍha. Si, comme je le crois, 449 avec son āṣāḍha intercalaire correspond à 482 çaka courant, 386 saṃvat répondrait à 419 çaka courant. Or le premier jyaiṣṭha de 419 çaka courant, au moment où le soleil se lève, la lune se trouve en Rohiṇī, et il lui reste à parcourir 189/1000 de lunaison dans ce nakṣatra, autrement dit elle doit y rester encore pendant 12 heures 23 minutes. Puisque le muhūrta Abhijit commence 5 heures 36' après le lever, la lune est encore en Rohiṇī pendant ce muhūrta. La date du pilier de Changu Narayan correspond dans cette hypothèse au mardi 1er mai 496 J.-C.
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Cette date ne satisfait pas seulement aux données astronomiques de l'inscription ; elle est aussi en harmonie avec les caractères paléographiques. D'ailleurs, en dehors des considérations particulières que j'ai fait déjà valoir ou que j'aurai à signaler dans la suite, à propos d'autres inscriptions, un fait seul suffit à classer définitivement Mānadeva avant Amçuvarman ; grâce au contrôle offert par l'inscription du Yag bahal, nous sommes assurés maintenant que le çrī Māna vihāra compris dans la liste des libéralités d'Amçuvarman (Harigaon, an 32) est bien le Mānadeva vihāra, le monastère fondé par Māna deva à Patan. La même inscription désigne aussi un Māneçvara, un Dhārā Māneçvara qui sont probablement des fondations pieuses de Māna deva. Le Mānagṛha, d'où les rois Licchavis après Māna deva datent leurs ordonnances, et qui se trouve aussi mentionné chez Amçuvarman (Harigaon, an 30 ; l. 10) est sans doute le palais élevé par Mānadeva.
v3.c10.s1.17
NOTA. — Dans la transcription de cette inscription comme aussi des suivantes, j'indique par des lettres grasses les caractères qui dans l'écriture originale sont tracés au-dessous de la ligne et réduits de dimension; ce procédé graphique équivaut à l'emploi du virâma dans les alphabets modernes. L'italique marque les lettres douteuses.
v3.c10.s1.18
TEXTE.
v3.c10.s1.19
I
v3.c10.s1.20
1. Saṃvat 386 jyaiṣṭhamāse çuklapakṣe pratipadi 1
2. [Ro]hiṇīnakṣattrayukte candramasi muhūrtte praçaste bhijiti
3. [Çrī]vatsāṅkitadīptacāruvipu[la]prodvṛttava[kṣa]sthalaḥ
4. - vakṣaḥstanapadmabāhu[rucirah] sma-pravṛddhotsavaḥ
5. [trai]lokyabhramayantravartti ⁑⁑ vyāsaṅanityo vyayaḥ
6. [do]lādrau nivasan jayāty ani[mi]ṣair abhyarccyamāno Hariḥ (1)
7. ⁑⁑ tsā ⁑⁑ yapratāpavibha[vair vvyā]yāmasaṃkṣepakṛt
8. [rājābhū]d Vṛṣadeva ity [anupamaḥ sa]tyapratijñodayaḥ
9. ⁑⁑⁑ saviteva dīptakira[ṇaiḥ] samyagdhṛ[taiḥ] svaiḥ sutaiḥ
10. vidvadbhir bbahugarvvitair aca[palaiḥ ⁑⁑] vinītātmabhiḥ (2)
11. [ta]syābhūt tanayaḥ samṛddha[viṣa]yaḥ saṅkhyeṣv ajeyo ribhiḥ
v3.c10.s1.21
L. 2. Bhagvanlal transcrit à tort nakṣatra. L. 4. La syllabe *sta* est lisible sur l'estampage après *vakṣaḥ*. La conjecture *sma[rttṛ]* de Bhagvanlal me parait impossible à concilier avec les traces visibles sur l'estampage. L. 5. La syllabe *rtti* se lit assez clairement après *yantrava*. L. 6. Le fac simile de Bhagvanlal redouble bien le *c* de *°arccya°* ; mais sa transcription en dévanagari porte par erreur *°rcya°*. L. 10. La conjecture de Bhagvanlal *khyātair vinītā* est inacceptable, car on aurait eu *vvinī* avec redoublement du *v* après *r*.
v3.c10.s1.22
12. [rāja] Ċaṅkaradeva ity apa ⁝⁝⁝ tipradaḥ satyadhīḥ
13. ⁝⁝ vikramadānamānavi[bhavai]r llabdhvā yaçaḥ puṣkalam
14. ⁝⁝⁝⁝ rarakṣa gām abhi[matair bhṛ]tyai[r mṛge]ndropamaḥ (3)
15. [tasyā]py uttamadharmmakarmmaya ⁝⁝⁝⁝ vid dhārmmikah
16. [dha]rmmā[tmā] vinayepsur utta[maguṇaḥ çrī Dha]rmmadevo nṛpaḥ
17. [dha]rmmeṇaiva kulakramāgata ⁝⁝⁝⁝ rājyam mahat
18. s[phī]tīkṛtya nayair nṇṛparṣicari ⁝⁝ bhāvya ceto nṛṇām (4)
19. [re]je sa[ttvām]çubhiḥ surānu ⁝⁝ ḥ sampannamantraddhibhiḥ
20. ⁝ māvā ⁝ viçuddhadehahṛdayaç candradyutiḥ pārtthivaḥ
21. [pa]tnī tasya viçuddhavaṃçavibhavā çrī Rājyavaty uttamā
22. ⁝ ṇā ⁝⁝ bhavat ⁝ kulaçu ⁝ r llakṣmīr i[vā]gryā Hareḥ (5)
23. ⁝⁝⁝⁝ rater yyaçoṃçubhir idaṃ [v]yābhāsya kṛtsnaṃ jagat
24. yāti sma tridivālayaṃ narapatāv udyānayātrām iva
25. pramlānā jvaravihvalā kulaja ⁝⁝ nekamandā tadā
26. devāhāravidhikriyāsv abhiratā tadviprayogāt purā (6)
v3.c10.s1.23
II
v3.c10.s1.24
1. devī Rājyavatī tu tasya nṛpater bhāryyābhidhānā satī
2. çrīr evānugatā bhaviṣyati tadālokāntarāsaṅginī
3. yasyāñ jāta ihānadyacaritaḥ çrī Mānadevo nṛpaḥ
4. kāntyā çāradacandramā iva jagat prahlādayan sarvvadā (7)
5. pratyāgatya sagadadākṣaram idaṃ dīrggham vinīcvasya ca 6. premṇā putram uvāca sāçruvadanā yātaḥ pitā te divam
7. hā putrāstamite tavādya pitari prāṇair vṛthā kim mama
8. rājyam putraka kārayāham anuyāmy adyaiva bharttur ggatim (8) .
9. kim me bhogavidhānavistarakṛtair āçāmayair bbandhanaiḥ
10. māyāsvapnanibhe samāgamavidhau bharttrā vinā jīvitum
11. yāmīty evam avasthitā khalu tadā dīnātmanā sūnunā
12. pādau bhaktivaçān nipīḍya çirasā vijñāpitā yatnataḥ (9)
13. kim bhogair mmama kim hi jīvitasukhais tvadviprayoge sati
14. prāṇān pūrvvam ahañ jahāmi paratas tvam yāsyasīto divam
15. ityevam mukha-paṅkajāntaragatair nnetrāmbumiçrair dṛḍham
16. vākyapāçair vvihagīva pāçavaçagā baddhā tatas tasthuṣī (10)
17. satputreṇa sahaurddhvadehikavidhim bharttuḥ prakṛty-ātmanā
18. çīlatyāgadamopavāsaniyamair ekāntaçuddhāçayā
19. [vi]prebhyo pi ca sarvvadā pradadatī tadpuṇyavṛddhyai dhanam
20. tasthau taddhṛdayā satī vratavidhau sākṣād ivārundhatī (11)
21. putro py ūrjjitasattavikramadhṛtiḥ kṣāntaḥ prajāvatsalaḥ
22. karttā naiva vikatthanaḥ smitakathaḥ pūrvvābhibhāṣī sadā
23. tejasvī na ca garvvito na ca parām lokajñatān nāçritaḥ
v3.c10.s1.25
L. 6. Le *m* final de *divam* est clairement tracé; c'est par erreur que Bhagvanlal lit et transcrit *divam*. L. 13. Bhagvanlal transcrit en dévanagari *bhogair mama* sans redoubler le *m* après le *r* mais son facsimilé corrige lui-même cette inexactitude. L. 17. La lecture *ātmanā*, chez Bhagvanlal, est certainement fautive.
v3.c10.s1.26
24. dīnānāthasuhṛt priyātithijanaḥ pratyartthinām mānanut (12)
v3.c10.s1.27
III
v3.c10.s1.28
1. astrāpāstravidhānakaucalagaṇaiḥ prajñātasatpauruṣaḥ
2. çrīmaccārubhujaḥ pramṛṣṭakanakaçlakṣṇavadātacchaviḥ
3. pīnāmso vikacāsitotpaladalaprasparddhamānekṣaṇaḥ
4. sākṣāt kāma ivāṅgavān narapatiḥ kāntāvilāsotsavaḥ (13)
5. yūpaiç cārubhir ucchritair vvasumatī pitrā mamālaṅkṛtā
6. kṣāttreṇajimakhāçrayeṇa vidhinā dīkṣāçrito ham sthitaḥ
7. yātrām praty arisaṅkṣayāya tarasā gacchāmi pūrvvān diçam
8. ye cājñāvaçavarttino mama nṛpāḥ samsthāpayiṣyāmi tān (14)
9. ityevañ jananīm apetakaluṣām rājā praṇamyocivān
10. nāmbānṛṇyam ahan tapobhir amalaiḥ çaknomi yātum pituḥ
11. kin tv āptena yathāvad astravidhinā tatpādasamsevayā
12. yāsyāmīti tato mbayātimudayā dattābhyanujño nṛpaḥ (15)
13. prāyāt pūrvvapathena tatra ca çaṭhā ye pūrvvadeçāçrayāḥ
14. sāmantāḥ praṇipātabandhuraçiraḥprabhraṣṭamaulisrajaḥ
15. tānājñāvaçavarttino narapatiḥ samsthāpya tasmāt punaḥ
16. nirbhīḥ simha ivākuloṭkaṭasaṭaḥ paççādbhuvañ jagmivān (16)
17. sāmantasya ca tatra duṣṭacaritaṃ çrutvā çiraḥ kampayan
18. bāhum hastikaropamam sa çanakaiḥ spṛṣṭvābrāvīd garvvitam
v3.c10.s1.29
L. 1. L'estampage porte très clairement satpauruṣaḥ au lieu du satvo-ru[bhiḥ] de Bhagvanlal. L. 18. Les deux syllabes portées au-dessus de la ligne 18 sur le fac-similé de Bhagvanlal ne correspondent à rien dans l'original.
v3.c10.s1.30
19. āhūto yadi naiti vikramavaçād eşyaty asau me vaçam
20. kim vākyair bbahubhir vṛthātra gaditaiḥ saṃkṣepataḥ katthyate (17)
21. adyaiva priyamātuloruviṣamakṣobhārṇṇavasparddhinīm
22. bhīmāvarttataraṅgacañcalajalān tvaṅ gaṇḍakīm uttara
23. sannaddhair vvaravājikuñjaraçatair anvemi tīrttvā nadīm
24. tvatsenām iti niçcayān narapatis tīrṇṇapratijñas tadā(18)
25. jitvā Mallapurīn tatas tu çanakair abhyājagāma svakam
26. deçam prītamanās tadā khalu dhanam prādād dvijebhyo kṣayam
27. rājñī Rājyavatī ca sādhumatinā proktā dṛḍham sūnu[nā]
28. bhaktyāmba tvam api prasannahṛdayā dānam prayacchasva t[at] (19)
v3.c10.s1.31
TRADUCTION.
v3.c10.s1.32
1
v3.c10.s1.33
(1-2). An 386, mois de Jyaiṣṭha, quinzaine claire, premier jour de la lunaison, 1, la lune étant associée au nakṣatra Rohiṇī, au temps favorable d'Abhijit¹.
v3.c10.s1.34
L. 19. L'estampage porte clairement la forme correcte eşyaty, au lieu de la lecture eçyaty de Bhagvanlal. L. 28. Bhagvanlal lit à tort vvidhātṛgaditaiḥ. Les caractères vṛthātra sont très nets.
v3.c10.s1.35
1. L'épithète de praçasta « vanté, recommandé » appliquée à Abhijit n'est point un simple ornement littéraire. Un vers du Matsya Purāṇa, cité par le Çabdakalpa druma où Goldstücker l'a emprunté, recommande expressément l'heure d'Abhijit pour les donations :
v3.c10.s1.36
aparāhṇe tu samprāpte AbhijidRauhiṇodaye
yad atra dīyate jantos tad akṣayam udāhṛtam.
v3.c10.s1.37
« Quand l'après-midi arrive, si Abhijit se produit en Rohiṇī, le don qu'on
fait alors est déclaré impérissable. »
v3.c10.s1.38
1. Le Çrîvatsa est empreint sur l'éclat gracieux de sa large et vaste poitrine ; sa poitrine, ses seins, ses bras (des lotus !) resplendissent ; il met en fête... ; les trois mondes sont la machine à rotation qu'(il) fait tourner.. pour sa distraction continuelle, lui, l'Impérissable. Le Dolâdri est sa résidence. Vive celui qu'adorent, les yeux toujours ouverts, [les dieux], Hari!
v3.c10.s1.39
2. ...... par sa majesté, par ses richesses, il réduisait ses efforts ; tel était le roi Vṛṣadeva, l'incomparable ; sa promesse se vérifiait dans ses effets ; comme le soleil l'est de rayons éclatants, il était... de ses fils bien maintenus, savants, très fiers, sans caprices, soumis à la discipline.
v3.c10.s1.40
3. Son fils, maître d'un empire prospère, invincible à ses ennemis dans les combats, fut le roi nommé Çankaradeva,... très libéral, cœur sincère... par sa vaillance, sa charité, son honneur, ses richesses, il acquit une pleine gloire ;.. il protégea la terre par des lieutenants estimés, pareil au roi des fauves.
v3.c10.s1.41
4. Son (fils), excellent en vertus, en actes...., savant, soumis à la Loi, ou plutôt la Loi même, aspirant à la sagesse, excellent en qualités, fut le roi Dharmadeva. La loi même l'avait désigné pour hériter d'un grand royaume ; sa sagesse enrichit l'histoire des saints royaux, en réjouissant le cœur des hommes.
v3.c10.s1.42
5. Il rayonnait le bien ; ... aux dieux, ses desseins, ses succès étaient parfaits ; .... il avait la pureté du corps et du cœur ; ce prince brillait comme la lune. Son épouse qui avait la pureté de la race et des richesses, était l'excellente Râjyavatî...... comme la Lakṣmî excellente de Hari.
v3.c10.s1.43
6. Après avoir... des rayons de sa gloire illuminé le monde entier, le roi des hommes partit au séjour du ciel, comme à une promenade de parc ; défaite, agitée de fièvre... elle s'alanguit, elle qui se plaisait aux rites, nourriciers des dieux, avant qu'elle fût séparée de lui.
v3.c10.s1.44
7. La reine Râjyavatî, qui porte le nom d’épouse de ce roi, sera en réalité Çrî en personne venue à sa suite en cherchant une occasion de le regarder, elle en qui est né le héros irréprochable, le roi Mânadeva, qui — tel l’astre lunaire en automne — rafraîchit le monde en tout temps.
v3.c10.s1.45
8. Elle vint le trouver, des sanglots dans la voix, avec de longs soupirs, le visage plein de larmes, et elle dit à son fils avec tendresse : « Ton père est parti au ciel ! Ah! mon fils ! maintenant que ton père s’en est allé, qu’ai-je à faire de la vie ? Exerce, mon cher fils, la royauté ! Moi, dès aujourd’hui, je vais suivre ton père.
v3.c10.s1.46
9. Qu’ai-je à faire des chaînes de l’espérance, fabriquées par l’infinie variété des plaisirs, pour vivre sans mon époux, dans ce monde où la rencontre a l’air d’une illusion ou d’un rêve. Je m’en vais ! » Ainsi résolue, son fils attristé lui pressa les pieds de sa tête, par affection, et l’avisa ainsi, non sans peine :
v3.c10.s1.47
10. « Qu’ai-je à faire des plaisirs ? qu’ai-je à faire des joies de la vie, si je suis séparé de toi ? Je veux être le premier à cesser de vivre ; après moi tu partiras au ciel. » Ainsi parlant, les lacets de ses paroles, tendus à l’intérieur du lotus de sa bouche, et mêlés avec l’eau des larmes, l’enveloppaient comme une oiselle qui reste prise au filet.
v3.c10.s1.48
11. En compagnie de son fils, elle accomplit en personne les rites funéraires pour son époux ; la vertu, la charité, la chasteté, les jeûnes, les saintes abstinences avaient purifié le fond de son cœur ; elle distribua totalement aux brahmanes sa fortune pour accroître les mérites de son époux ; elle n’avait que lui au cœur pendant les cérémonies sacrées : telle Arundhatî incarnée.
v3.c10.s1.49
12. Et son fils, trésor de vertu, de valeur, de noblesse, patient, chéri de ses sujets, il agit sans phrases, il sourit en parlant, il est le premier toujours à saluer, il est énergique sans orgueil; on ne saurait dire qu'il n'a pas atteint la plus haute connaissance du monde; il est l'ami des affligés et des orphelins; il aime ses hôtes; il fait oublier aux solliciteurs leur susceptibilité.
v3.c10.s1.50
III
v3.c10.s1.51
13. Les armes de jet et de défense qu'il manie avec adresse font connaître sa réelle bravoure; ses bras sont majestueux et gracieux; l'or poli n'est pas plus lisse ni plus clair que son teint; ses épaules sont larges; l'épanouissement des pétales du lotus sombre rivalise avec ses yeux. On croirait qu'il est l'Amour visible et incarné, ce roi qui met en fête la coquetterie des aimées.
v3.c10.s1.52
14. « Mon père a décoré la terre des piliers élégants qu'il a dressés; j'ai reçu moi-même le baptême des kṣatriyas dans la pratique des batailles; je pars en procession pour détruire mes ennemis vers la terre orientale, bien vite, et les princes qui reconnaîtront mon autorité suzeraine, je les installerai rois. »
v3.c10.s1.53
15. C'est en ces termes que le roi parla à sa mère sortie de son deuil, incliné devant elle. « Non, ma mère! je ne puis m'acquitter envers mon père par des mortifications sans tache; c'est par la pratique des armes, où je suis destiné, que je pourrai faire honneur à sa sainte mémoire. » Sa mère, toute joyeuse, lui donna son consentement.
v3.c10.s1.54
16. Le roi partit alors par la route de l'Est. Et là tout ce qu'il y avait de marquis déloyaux dans les provinces de l'Est dut s'incliner et courber devant lui la tête en laissant tomber guirlandes et diadèmes ; il les rendit dociles à ses ordres. Puis, étranger à la crainte, comme un lion qui agite sa massive crinière, il s'en alla vers la terre d'Ouest.
v3.c10.s1.55
17. Apprenant que le marquis de là se comportait mal, il agita la tête, toucha lentement son bras¹ qui semblait une trompe d'éléphant, et dit fièrement : « S'il ne vient pas à ma sommation, il faudra bien qu'il se rende à ma valeur. A quoi bon de longs discours ? Je le dis en bref.
v3.c10.s1.56
¹ Le geste indiqué a sans doute la valeur d'une attestation. C'est ainsi que le Bouddha, à l'heure de la crise suprême, touche la terre pour la prendre à témoin (bhūmi sparça mudrā). Manu (VIII, 113) enseigne que le juge « doit faire prêter serment au kṣatriya sur sa monture ou sur ses armes » et les commentateurs, cités par Bühler ad loc. expliquent que « le kṣatriya doit toucher les objets indiqués en disant : « Qu'ils me deviennent hors d'usage si je mens ! »
v3.c10.s1.57
18. « Aujourd'hui même, ô frère de ma mère, toi qui m'es cher, traverse la Gaṇḍakî, si large, si agitée qu'elle rivalise avec l'Océan, avec ses tourbillons formidables et ses vagues ondoyantes. Escorté de chevaux et d'éléphants par centaines, excellents, caparaçonnés, je suis ton armée en franchissant la rivière. » Sa décision prise, le roi tint parole.
v3.c10.s1.58
19. Ayant conquis la ville du Malla, il s'en retourna par étapes dans son pays; et alors, le cœur joyeux, il donna aux brahmanes des richesses inépuisables. Et la reine Râjyavatî fut ainsi interpellée, d'une voix ferme, par son fils vertueux : « D'un cœur serein, ô ma mère, donne, toi aussi, dévotement ceci en offrande ! »