Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s20.4
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s20.4
- Language
- French
v3.c10.s20.4
Le nom du roi qui octroie la charte est mutilé; il n'en subsiste (3) que la finale indifférente : *deva*; les traces qui subsistent de caractères précédents écartent définitivement la restitution introduite par Bhagvanlal dans son inscription (l. 3); les deux *akṣaras* ne sauraient en tout état de cause être *çi va*. La lecture la plus vraisemblable est, à mon sens, Puṣpadeva; mais je n'ose, sur la foi d'une lecture incertaine, introduire dans l’histoire du Népal un nom que rien ne garantit par ailleurs. Les autres indices écartent aussi l’attribution de cette charte et de la charte similaire (Bhag. 13) à Çivadeva. Çivadeva réside au palais de Kailâ-sakūṭa, qui a remplacé le palais de Mânagṛha depuis l’avènement d’Amçuvarman. Le roi ...deva date ses chartes du palais de Bhadrâdhivâsa ; le changement de palais marque d’ordinaire un trouble dans la succession au trône. Le roi ...deva se flatte sans doute d’être l’héritier légitime du pouvoir ([ba]ppapādānudhyāto, 2), mais à titre de Licchavi. Il est « l’étendard de la race Licchavi » (Licchavi-kulaketuḥ, 3), titre disparu de l’usage depuis l’avènement d’Amçuvarman, et ce retour des Licchavis au pouvoir est attesté par son successeur Jayadeva qui ramène l’origine de sa race à l’éponyme Licchavi (Bhag. 15, 6). Ce roi ...deva est de plus le premier, et jusqu’iei le seul, dans la série népalaise à prendre le titre de parama-māheçvara « fervent adorateur de Çiva » (l. 2 et Bhag. 13, 2), si fréquent dans le protocole de l’Inde propre où il semble remonter jusqu’aux Indo-Scythes. Enfin le formulaire de conclusion, identique dans les deux chartes jumelles (24-29 = Bhag. 13, 29-35), diffère des autres chartes connues ; les vers traditionnels y sont introduits au moyen de la forme nouvelle : yato dharmaçāstravacanam (Bhag. 13, 34-35 = 29 [ya]to dha[rmaçāstra°]). En somme la charte du Yag bahal est du même personnage et de la même époque que l’inscription 13 de Bhagvanlal, datée de samvat 1[4?]3, le chiffre des dizaines restant douteux ; le pandit reconnaît qu’on peut aussi bien lire 123 ou 133.