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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s20.3

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s20.3

Language
French

v3.c10.s20.3

Les stipulations particulières de la concession (4-11) sont énoncées avec une précision de détails qui tranche sur le formulaire ordinairement assez vague des chartes népalaises ; elles n’ont, à ma connaissance, de pendants que dans l’inscription 13 de Bhagvanlal datée de 1(4 ?)3. Cette inscription, trouvée à la porte Sud de l’enclos de Paçupati, est extrêmement mutilée, spécialement dans le passage qui contient les stipulations (5-10) ; mais les caractères conservés suffisent à garantir la parfaite concordance des deux textes, en rectifiant parfois les lectures de Bhagvanlal (5 : na sarve vinā, corr. °na sarvetika[rtavy°] ; 7 : hyaparaḥ, corr. [*maryādo*] *papannaḥ*; 9: *bhayaca*, corr. °*gāpacā*[*re*]; 10: *kalpatrā*°, corr. *kalatrā*°]. Le village concédé « est soumis aux stipulations portant sur les personnes ou sur les places fortes » (*çarīrakoṭṭamaryādopapannaḥ* l. 6). La même expression se retrouve, dans une charte de Çivadeva, an 119 (Bhag. 12; l. 5, où Bhag. restaure [*°payukta*] au lieu de *°papanna*); mais je ne puis voir dans la traduction du pandit comment il entend cette formule, à moins qu'elle ne réponde à : « y compris le sol, le ciel et le sous-sol »; j'avoue que dans ce cas le rapport m'échappe. L'inscription du Chasal-tol, datée de l'an 137, conserve aussi une trace de cette formule (l. 13; *°koṭṭamaryād°*). L'exclusion de « la corvée d'aller en pays étranger » (l. 7 : *bahirdeçagamanādisarvaviṣṭirahito*) a pour pendant, dans la charte de Çivadeva an 119, l'obligation de fournir « cinq porteurs annuellement pour la corvée du Tibet ». Quelques fautes d'ordre spécial, qui exigeaient sans doute dans les cas ordinaires l'intervention de la justice royale, sont réglées au profit des donataires : le meurtre d'une femme enceinte (7), les pratiques abortives (7) sont punis d'une amende de cent (*pa*)ṇas; les mauvais traitements à l'égard d'une bête blessée, si elle est de l'espèce bovine, sont punis d'une amende de trois *paṇapurāṇas* (8). Enfin, dans le cas d'une des cinq offenses mortelles, de vol, d'adultère, de meurtre ou de complicité, la justice royale n'a de prise que sur la personne du coupable; tout ce qui lui appartient, famille et biens, revient au clergé du couvent de Çivadeva.