Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s21.9
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s21.9
- Language
- French
v3.c10.s21.9
Le *dauvârika* n’est pas un fonctionnaire inconnu. Le Pañca tantra (III, 50 éd. Bombay, à la suite du vers 69) le classe dans l'élite des officiers de la couronne, les tîrthas, immédiatement à la suite du ministre (mantrin), du chapelain (purohita), du général en chef (camûpati) et de l'héritier présomptif (yuvarâja). Il paraît au même rang et à la suite des mêmes personnages dans un texte de Nîtiçâstra cité par Nîlakantha sur le Mahâ-Bhârata II, 168, et aussi dans le commentaire sur le vers II, 100, 36 du Râmâyana (éd. Bombay). Cette classification reparaît, cette fois avec l'apparence d'une donnée réelle et officielle, dans le formulaire d'une charte de Râjarâja I le Câlukya oriental, datée de 1053 J.-C. (Nandamapundi grant, l. 67:) mantri-purohita-senâpati-yuvarâja-dauvârika-pradhâna-samaksam ittham ājñāpayati. Le dauvârika est également nommé dans la Mahâvyutpatti § 186, n° 68, au cours d'une longue et curieuse liste d'officiers royaux, à côté et à la suite du dvârapâla. La fonction du dauvârika à la cour est clairement indiquée dans Çakuntalâ, acte II. C'est lui qui répond à l'appel du roi réclamant : Holà! quelqu'un! lui qui annonce et qui introduit le général d'abord, puis les deux ascètes novices auprès du roi. Il faut noter qu'il parle, non pas sanscrit comme le roi et le général, mais prâcrit comme le bouffon, et Râghavabhatta observe à ce propos : « Les personnages inférieurs parlent le prâcrit ; en vertu de cette prescription le dauvârika doit parler prâcrit » (nīceṣu prākṛtem bhavet ity ukter dauvārikasya prākṛtam pāṭhyam).