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La formation de la langue marathe c2.10

La formation de la langue marathe c2.10

Language
French

c2.10

Dans l'usage laïque, — épigraphique et littéraire —, le sanskrit apparaît postérieurement à des dialectes linguistiquement plus jeunes ; abstraction faite des épopées, dont la rédaction primitive est inconnue et qui d'ailleurs se rattachent par certains côtés à la littérature religieuse, la période classique du sanskrit ne s'ouvre qu'au premier siècle de notre ère. A ce moment le bouddhisme usurpe la langue des brahmanes et s'en sert pour sa propagande ; l'un de ses maîtres, Açvaghoṣa, « embellit » des formes littéraires les contes pieux et les traités dogmatiques : il écrit des drames où voisinent le sanskrit et les prākrits déjà promus au rang de langues cultivées (v. S. Lévi, J. As., 1908, II, p. 57 et suiv.). Des rois étrangers, osant ce dont Açoka n'avait sans doute pas même eu l'idée, rédigent leurs documents officiels en sanskrit : c'est un Çaka, le mahākṣatrapa Rudradāman qui le premier, en 150 av. J.-C., fait à Girnar graver une longue inscription en sanskrit, témoignage du talent qu'il revendique « de composer en prose et en vers des œuvres satisfaisant à toutes les exigences de la rhétorique » (v. S. Lévi, J. As., 1902, I, p. 109, 111, 119). Désormais complè- tement laïcisé, le sanskrit sert jusqu'à nos jours de langue littéraire et scientifique, et de moyen de communication entre les gens cultivés de toutes les parties de l'Inde. Comme le latin usuel à l'époque où les langues romanes existaient déjà, le sanskrit classique présente deux caractéristiques opposées qui s'accentuent de plus en plus avec le temps. En premier lieu c'est un parler fondamentalement archaïque dès le moment de sa fixation : il a maintenu l'occlusion des consonnes intervocaliques et restauré ḍ et ḍh à la place de ḷ et ḷh du védique et du moyen-indien ; il a conservé des formes déjà sorties de l'usage comme le duel, le moyen, le parfait, et inversement éliminé d'autres formes dont le moyen-indien et les langues modernes attestent la survivance (v. Wackernagel, p. xxv et suiv.). Mais en même temps le sanskrit ne pouvait manquer de subir des influences venues de partout ; le vocabulaire en particulier devait s'imprégner d'éléments empruntés, avec plus ou moins d'adaptation, aux divers parlers aryens ou non de l'Inde et même à des langues étrangères à l'Inde (v. Wackernagel, p. LI et suiv.).