La formation de la langue marathe c2.56
La formation de la langue marathe c2.56
- Language
- French
c2.56
Les consonnes intervocaliques ont toutes perdu une part plus ou moins grande de leur occlusion. On a vu au § 2 que dans le cas des sonores aspirées, cette perte de l'occlusion était préhistorique pour une part et que par conséquent *h* en sanskrit même devait souvent être considéré comme un phonème de nature proprement prâkrite. Les occlusives sourdes intervocaliques ont résisté plus longtemps, sans doute parce qu'elles ne pouvaient subir dans l'Inde l'altération la plus aisée, celle de l'occlusive en la spirante correspondante (v. Meillet, *Des consonnes interv. en védique I.F.*, XXXI, p. 120-121) ; mais entre le IIIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C. elles sont toutes devenues sonores. Au bout de cette période le moyen-indien ne comportait à l'intervocalique que des occlusives sonores (sauf les géminées) représentant à la fois les sourdes et les sonores anciennes. Ces sonores n'ont pas tardé à se transformer en sonantes, à l'exception de *ḍ* et *ḍh* : encore cette exception n'est-elle probablement qu'apparente, à en juger par véd. *ḷ* et *ḷh* (v. Meillet, *ibid.*, p. 122) et par la prononciation moderne de *ḍ* et *ḍh* intervocaliques. Dans les autres catégories d'occlusives, toutes les aspirées se réduisent définitivement à *h* (*bh* subsiste le plus longtemps, v. Vararuci, II, 24-26) ; *b* devient *v* (peut-être anciennement déjà, v. Wackernagel, p. XLVIII, à propos de *kavāṭa-*, attesté dans le Rāmāyaṇa), et *ḍ*, *j*, *g* deviennent *y*. Enfin *y* ainsi obtenu disparaît de la graphie en prâkrit classique, sauf dans les manuscrits jainas (v. Pischel, § 187), et tombe en effet, en affectant ou non, suivant les cas, le timbre des voyelles voisines.
Linked texts (1)
- Vālmīkirāmāyaṇa — Vālmīki, Sanskrit