La formation de la langue marathe c2.65
La formation de la langue marathe c2.65
- Language
- French
c2.65
Outre ce territoire, l'indo-aryen occupe la moitié méridionale de l'île de Ceylan, et cela depuis fort longtemps : en effet, la tradition bouddhique atteste que le commentaire pali écrit par Buddhaghoṣa au ve siècle est traduit d'un original singhalais ; d'autres témoignages permettent de remonter encore plus haut ; d'ailleurs les premiers documents authentiques du singhalais n'apparaissent qu'au xe siècle (v. Geiger, ch. I). On rattache ce langage aux dialectes de l'Inde occidentale (ibid., ch. III) ; cependant certains des traits qui servent à établir cette parenté, comme la conservation de v initial et géminé, ou celle des trois genres de la déclinaison, peuvent être considérés comme des archaïsmes au même titre que d'autres traits qui le séparent du même groupe, à savoir la conservation de n et l intérieurs, de y initial et géminé, par où il rappelle le pali et la māgadhī. D'autre part la formation de l'oblique sur l'ancien génitif sanskrit au singulier comme au pluriel ne se rencontre par ailleurs qu'au nord-ouest himalayen et en tsigane ; surtout, la désinence de masc. plur. en -ahu, -o rappelle directement la māgadhī ; et par la simplification de -ṇṇ- en -ṇ- le singhalais se sépare aussi du groupe occidental qui a dans ce cas n dental. Provisoirement cependant on peut considérer le dialecte singhalais dans la mesure où il n'a pas évolué tout à fait indépendamment des autres langues, comme se rattachant plutôt au groupe occidental qu'à un autre.