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La formation de la langue marathe c2.89

La formation de la langue marathe c2.89

Language
French

c2.89

Dans les traités de grammaire ou de rhétorique le mot apabhraṃça désigne une forme incorrecte au point de vue de la grammaire sanskrite : çastreṣu saṃskṛtād anyat, dit Daṇḍin (Kāvyādarça, I, 36 ; cf. Pischel, § 4) ; et c'est ainsi que l'emploient avant Daṇḍin, Patañjali (dans le passage cité par Bhandarkar, J. A. S. Bomb., XVI, p. 331 et Pischel, § 8) et après lui Vāmana (dans le règle ; pūrvanipāte 'pabhraṃço rakṣyaḥ « un composé où l'ordre des termes est incorrect doit cependant être admis » V. 2. 21). Dans le drame et la poésie en général — kāvyeṣu, dit Daṇḍin au même endroit — l'apabhraṃça est une langue locale admise à l'emploi littéraire ; mais cela n'est permis qu'avec les sélections nécessaires : l'apabhraṃça est, selon Vāgbhaṭa (cité par Pischel, § 4) yac chuddhaṃ tattaddeçeṣu bhāṣitam ; c'est-à-dire en somme un patois épuré. De là vient que non seulement les formes de l'apabhraṃça présentent un aspect très récent comparativement aux prākrits, mais qu'on a même souvent l'impression qu'elles s'expliqueraient mieux par les formes contemporaines que par les anciennes ; on se demande souvent si elles ne sont pas une transcription stylisée des langues modernes plutôt qu'un aboutissant du prākrit (par exemple dans les désinences de gén. sing. -aha, gén. plur. -aham, loc. -ahim, 3e plur. -ahim).

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