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La formation de la langue marathe c2.95

La formation de la langue marathe c2.95

Language
French

c2.95

Cette contrée, qui a toujours été en communication avec l'Inde du nord, a cependant toujours conservé une certaine indépendance. Au temps de l'Aitareya brāhmaṇa les Andhra sont en dehors du monde aryen. Et en effet nous trouvons en marathe des traces nettes d'un substrat dravidien local : indépendamment de la catégorie des cérébrales et de l'absence de spirantes qui sont traits communs à toute l'Inde dès l'antiquité, et de la constitution du cas oblique auquel s'adjoignent des postpositions semblables pour les deux nombres, enfin du fait que le génitif du nom est un véritable adjectif — traits communs à tout l'indo-aryen moderne (v. L. S. I., Munda-drav. p. 280, 291), il faut noter dans le marathe deux particularités phonétiques qui le distinguent du reste de l'indo-aryen et se retrouvent dans les langues dravidiennes contiguës : la première est la perte du caractère chuintant des semi-occlusives palatales devant les voyelles postérieures, qui rapproche le marathe du télougou; la seconde est la diphtongaison de e- et o- initiaux prononcés ye- et wo- (dans le cas de e-, l'orthographe admet fréquemment ye- ; le verbe ye- « aller » est toujours ainsi écrit ; cf. Molesworth, préf. p. xiv) : c'est un trait commun à toutes les langues dravidiennes. A vrai dire, la diphtongaison de e et o se rencontre même à l'intérieur du mot dans certains dialectes du Concan (v. L. S. I., Mar., p. 65, 157) : les deux phénomènes semblent indépendants l'un de l'autre.

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