La formation de la langue marathe c2.96
La formation de la langue marathe c2.96
- Language
- French
c2.96
Situé sur la frontière du monde aryen, le Dekhan ne tarde pas à s'y englober : Açoka compte les Andhra parmi ses vassaux bouddhistes ; et cent ans plus tard le roi du Kalinga, Khāravela, fait allusion à la puissance militaire du Satakani, son voisin à l'ouest ; du reste Pline mentionne en bon rang les Andarae, dont il décrit la puissance, les trente villes fortes, les nombreux villages, l'armée comprenant cent mille fantassins, deux mille cavaliers, mille éléphants. La dynastie des Çātakarṇi règne plusieurs siècles à Paithan ; les fondations pieuses qu'elle multiplie sont un signe de sa puissance et de sa richesse ; un moment ébranlée par les Kṣatrapa, elle reprend pied avec Gotamiputa qui règne sur le Concan, le Dekhan et le Malva. C'est sous cette dynastie que le prākrit local se constitue en langue littéraire ; à l'un de ses rois, Hāla, on attribue la célèbre anthologie des Sept cent stances en mahārāṣtrī, la Saṭṭasaī ; au même roi se rapporte la légende de Guṇāḍhya, créateur du prākrit paiçācī (v. Lacôte, Essai sur Guṇāḍhya... p. 27 et suiv.). Naturellement, où le prākrit se cultive, fleurit aussi le sanskrit : Çarvavarman, l'auteur présumé du Kātantra, est ministre d'un Çātakarṇi ; et c'est à un roi de la même dynastie qu'est adressée la Suḥṛllekhā de Nāgārjuna, le fameux docteur du Grand Véhicule. Après la ruine des Çātakarṇi, l'histoire du Dekhan reste obscure pendant plus de trois siècles ; à la fin de cette période les Calukya installés à Badami dominent le pays jusqu'à la mer ; l'un d'eux, Pulikesi II, arrête sur la Narbada (vers 620) les armes partout ailleurs victorieuses de Harṣa, l'empereur de l'Inde du nord ; Hiouen-Tsang, qui visite le pays à cette époque, note la puissance du royaume de Mahārāṣṭra (Mo-ho-la-tch'a) et l'ardeur guerrière des habitants. Mais bientôt Pulikesi lui-même est victime des conquérants du sud ; et après lui, les dynasties se succèdent — derniers Cālukya de Badami, Rāṣṭrakūṭa de Nāsik et de Malkhed, Cālukya de Kālyan, Yādaya de Devagiri — en guerres perpétuelles, où les frontières se resserrent et s'accroissent tour à tour : mais tous, en somme, maintiennent au nord la limite fixée par Pulikesi.
Cites (3)
- Gāhāsattasaī — Hāla, Māhārāṣṭrī Prakrit
- Suhṛllekha — Nāgārjuna, Sanskrit
- Kātantra — Śarvavarman, Sanskrit