La formation de la langue marathe c6.s3.6
La formation de la langue marathe c6.s3.6
- Language
- French
c6.s3.6
Cependant il reste une liberté relative à laquelle n'échappent guère que les rares enclitiques servant à mettre un mot isolé en valeur, à savoir *c*, v. m. *ci* (pkr. *ciya*), *hī* (skr. *hi*), *paṇ* (skr. *punaḥ*, pali *pana*, *puna*). Ainsi l'on peut dire *saṃpel koṭhūn* « comment cela serait (*litt.* sera-t)-il fini ? », *pustak mī Harilā dileṃ* « c'est un livre que j'ai donné à Hari », *Mumbaīhūn Rāmā kāl sakālīṃ ālā* « c'est de Bombay que Rāmā est venu hier matin », *Paris-cahrāṃt ekandar 40 var nāṭakgṛheṃ āhet ; āditvārīṃ gardī phār aste* « à Paris il y a en tout plus de 40 théâtres ; c'est le dimanche que l'affluence y est le plus (nombreuse) ». Le pronom interrogatif neutre *kāy* se place à la fin de la phrase, quand il sert uniquement à en noter le sens interrogatif : *āj pāūs paḍel kāy* « pleuvera-t-il aujourd'hui ? » ; mais en dehors de cet emploi sa place est libre : *to kāy deīl, teṃ gheūn de* « apporte ce qu'il te donnera », *kāy heṃ dhairya* « quel est son courage ! » (Navalkar, § 575) ; de même on dit à volonté *tūṃ kāṃ ālā s, kāṃ tūṃ ālā s, tūṃ ālā s kāṃ* « pourquoi es-tu venu ? ». La négation semble même avoir plus de liberté qu'en sanskrit : là sa place est devant le verbe, à une distance variable, et on ne la trouve après que dans quelques exemples isolés de basse époque (v. Thommen, ibid., § 19-22) ; en marathe, na se place ordinairement devant le verbe, au point qu'il s'y est aggloméré en certains cas : nāthi skr. nāsti, navhe < na hoy, nase < na ase, nāhīṃ < na āhe; naye « (cela) ne va pas », nalage « il n'est pas nécessaire », n'existent plus que sous cette forme ; cf. encore nako « il ne faut pas » qui semble contenir le pronom interrogatif, mais a pris des désinences verbales (v. Joshi, § 317, Navalkar, § 266 et suiv.). Cependant nā se place volontiers en fin de phrase, non seulement dans la langue poétique (p. ex. teṇem viçeṣem karmāṭem tyajāveṃ nā, Jñān., III, 168 « il ne doit pas renoncer à l'acte », to karmabandha āṃgiṃ vājail nā, ibid., III, 175 « le lien de l'acte ne touchera pas son corps »), mais encore actuellement après le passé d'habitude ou le conditionnel : karī nā, astā nā « il ne fait pas ; s'il n'était pas » ; la place finale est à ce point usuelle que la négation s'insère souvent devant la désinence : 2e pers. sg. karī-nā-s, karī-nā-t, etc. (v. Joshi, § 613) ; cette tendance a abouti en konkani à la formation d'une véritable conjugaison négative : nidnā « il ne dort pas », nidnānt « ils ne dorment pas », nidnātlom « je ne dormais pas » (v. L. S. I., Mar., p. 171).
Cites (1)
- Jñāneśvarī — Jñāneśvara, Marathi