L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.3
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.3
- Language
- French
v1.c6.s2.3
Ainsi donc, poursuivant notre analyse de la fondation bouddhique, nous allons étudier particulièrement, et autant que possible à l'état isolé, le *vihâra*, c'est-à-dire l'unité architecturale dont la répétition et la disposition en forme de cours de cellules ou de chapelles constituent le *sanghârâma* ou monastère : car ce dernier n'était pas moins peuplé de statues que de vivants. Faute de documents suffisants, ce sujet n'a peut-être pas reçu jusqu'ici toute l'attention dont il est digne. Il s'est présenté à nous, au cours de notre voyage dans le nord-ouest de l'Inde, avec une telle insistance que nous ne saurions nous récuser, en dépit de notre incompétence, et nous dérober à la tâche de réunir au moins les matériaux d'une monographie de ces édifices si originaux et qui durent être jadis si nombreux. Un heureux hasard nous a fait rencontrer à Mardân, entre les mains d'un officier du « Corps des Guides », la représentation la plus caractéristique que nous en possédions (fig. 41). Les quelques spécimens monumentaux découverts dans les gorges des montagnes qui jadis séparaient le Gandhâra de l'Udyâna, tantôt surprenaient le regard par leur ressemblance avec nos vieux pigeonniers féodaux (cf. fig. 38) et tantôt nous rappelaient par leurs profils rectilignes les temples que nous venions de visiter au Kaçmîr (cf. fig. 49). Ce sont ces impressions trop rapides que nous voudrions résumer ici, sauf à les entourer de toutes les justifications nécessaires. On excusera l'insuffisance de certains de nos relevés et de nos photographies en raison des conditions particulières qui étaient alors faites au travail archéologique dans la région à peine pacifiée du Swât.