L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t2.45
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t2.45
- Language
- French
v1.c7.s3.t2.45
Avouons-le tout de suite, le tracé de cette esquisse nous a été singulièrement facilité par le fait que, parmi les nombreuses scènes de « Buddha aux Nâgas » déjà connues, plusieurs concordent d'avance avec elle, si bien que cette description théorique peut pratiquement servir à les identifier. Tel est, par exemple, le cas de bas-reliefs provenant de Sikri, de Takht-î-Bahai, de Nathou, etc. Sur les uns (voir fig. 194-195, et *A. M. I.*, pl. 99, 1), le Buddha et son cortège entrent par la gauche du spectateur; d'autres fois, ils entrent par la droite, et le bassin à balustrade est alors reporté à gauche, ainsi qu'il arrive sur le n° 2128 de Lahore, dont on peut rapprocher, outre le n° 43 du Louvre (fig. 196), le n° 1057 du même musée (fig. 270); mais ici le geste spécial de Vajrapâni ouvre déjà, comme nous verrons, la porte à des interprétations nouvelles. Le décor du bassin est le plus souvent une balustrade du modèle courant; par quel miracle l'eau qu'il renferme peut-elle être retenue dans les mailles à jour de ce damier de pierre, c'est ce dont le sculpteur ne s'est pas toujours inquiété; ainsi, sur la figure 194, le trop-plein ne se déverse que tout en haut par une gueule de lion formant gargouille; ailleurs le déversoir est placé, de façon plus rationnelle, à la base de la balustrade (fig. 195) ou, par une sorte de compromis, en son milieu (fig. 196). A ces détails insignifiants près, les sculptures se ramènent évidemment au même motif et s'inspirent de la même légende. Le dévot empressement du couple monstrueux, le geste accueillant de Gautama, l'impassibilité de Vajrapâni en sont des éléments stéréotypés, parce que nécessaires. Quant aux divinités du cortège, qu'elles flottent dans l'air ou marchent sur la terre, nous continuons à distinguer entre elles — là où elles ne sont pas réduites à ces deux seuls personnages — Brahmâ à son chignon et Indra ou Çakra à son turban. On les reconnaît par exemple sur la figure 195, l'un au-dessus de l'autre, le long de la bordure gauche du panneau. Quand ils encadrent la figure du Bodhisattva-Buddha comme sur la figure 194, nous constatons que c'est toujours Brahmâ qui se tient à sa gauche : tandis qu'il cède ordinairement le pas à Indra dans les épisodes relatifs à la « nativité » ou à la « descente du ciel des Trayastrimças », Brahmâ garde en effet la place d'honneur dans ceux qui tournent autour de la Bodhi.