Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s9: IX. — Inscription du Tulacchi-tol, à Bhatgaon
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s9
- Language
- French
IX. — Inscription du Tulacchi-tol, à Bhatgaon
v3.c10.s9.1
Cette inscription, que j'ai trouvée encastrée dans la muraille d'une vieille fosse à ablutions, au Tulacchi-tol, à Bhatgaon (cf. II, 374), reproduit presque intégralement l'inscription du Golmadhi-tol découverte et publiée par Bendall (n° 1) et qui servit de base à son système chronologique. La partie inscrite de la stèle couvre à peu près 0m,70 de hauteur ; la hauteur moyenne des caractères au-dessus de la ligne est d'environ 0m,012 ; l'espacement des lignes, de 0m,023 environ.
v3.c10.s9.2
Le texte est en sanscrit, et en prose. La graphie est correcte. Il convient d'observer que la muette après *r* est constamment redoublée, selon l'usage des Licchavis; il en est de même dans les inscriptions de Çivadeva publiées par Bhagvanlal (5) et par Bendall (1), malgré les inconséquences des transcriptions données par les deux éditeurs. Ainsi Bhagvanlal transcrit à la ligne 1 : *çauryavairyya* ; le fac-similé porte *çauryyavairyya* ; à la ligne 2, la transcription et le fac-similé donnent à tort *°ketur bhaṭṭa°* ; le texte du Tulacchi-tol montre clairement qu'il faut lire *°ketu-bhaṭṭa°*. Dans Bendall, l. 10, *anyair vā* ; la partie correspondante du fac-similé ne permet pas de vérification ; l. 12-13 Bendall : *°smadū—dūrdhvam bhū°* ; le fac-similé porte clairement, comme le texte du Tulacchi-tol, *pi madū* (l. 13) *rdhvam bhū°* ; l. 14 Bendall : *°anuvartibhir* ; fac-similé
v3.c10.s9.3
°anuvarttibir. Je note immédiatement que l'inscription 4 de Bhagvanlal, dont « les caractères ressemblent étroitement à ceux de la précédente » et qui est datée de 535 samvat, se conforme à la nouvelle orthographe et ne redouble pas la muette après r. Ex. l. 4: pūrva ; l. 12 parvata ; l. 17 °vartibhir et non varttibhir comme Bhagvanlal transcrit à tort.
v3.c10.s9.4
L'inscription contient une charte royale, octroyée par Çivadeva le Licchavi sur le rapport du mahâ-sâmanta Amçuvarman, en faveur des habitants du bourg de Khrpuṅ, probablement situé sur la partie occidentale du site actuel de Bhatgaon, où se trouve aujourd'hui le Tulacchi-tol. La date, illisible sur la reproduction, tant le relief en est faible, se laisse déchiffrer au moins en partie sur l'estampage, au commencement de la dernière ligne. On reconnaît le symbole des centaines et celui des dizaines ; le symbole des unités est complètement effacé. L'inscription se place donc entre 510 et 519 samvat ; elle est sans doute exactement contemporaine de l'inscription du Golmadhi-tol, puisqu'elle lui est identique, sauf la désignation du bourg privilégié. Le nouveau texte permet ainsi de rectifier quelques lectures fausses de Bendall. L. 1, lire °yaçā au lieu de °diço ; l. 2, ketu, non ketur ; l. °çamitāmittrapakṣa°, non °çamitāmitavipakṣa° ; l. 10, asmatpādaprasādo° (comme l'indique aussi le fac-similé), non asmatprasādo° ; l. 12, marṣayitāsmi, non marṣayiṣyāmi : ye pi mad°, non ye vāsmad.
v3.c10.s9.5
Le dûtaka est, comme au Golmadhi-tol, Bhogavarmagomin (non çvāmī, comme lit Bendall).
v3.c10.s9.6
TEXTE.
v3.c10.s9.7
1. Svasti Mānagṛhād aparimitaguṇasamudayobhāsi
2. tayaçā bappapādānuddhyāto Licchavikulaketubha
3. [ṭṭā]raka mahārāja çrī Çivadevaḥ kuçalī Khrpuṅrāme 4. pratibad. grām. nivāsinaḥ pradhānapurassarān grāma
5. kuṭumbinaḥ kuçalaparipraçnapūrvvaṃ samājñāpayati vidi
6. tam bhavatu bha[vatām] . . . na prakhyātāmalavipulayaçasā
7. svaparākra . . . tāmittrapakṣaprabhāvena çrīmahā
8. sāmantāmç[uvarmmaṇā] vijñāpitena mayaitadgauravād yuṣma
9. danukampa . . . (kū)th. rvṛ . . . m atra samucita(s tri)ka
10. ramāttrasādhanā[yai]va prave[ço] lekhyadānapañcaparādhā
11. dyartthan tv apraveça iti prasādo vaḥ kṛtas tad evamvedibhi
12. r asmatpādaprasādopajīvibhir anyair vvā na kaiçcid ayam anya
13. thā karaṇīyo yaṣ tv etām ājñām vilaṅghyānyathā kuryyāt kāraye
14. d vā tam aham atitarān na marṣayitāsmi ye pi madūrdhvam bhū
15. bhujo bhavitāras tair api dharmmagurubhi[r as]matkṛtaprasādā
16. nuvarttibhir iyam ājñā sa . . . ripālanīyeti samā 17. jñāpanā . . . . (Bho)gavarmmagomī saṃvat
18. 500. 10. . . . . . kla. . . . . myām
v3.c10.s9.8
⁴ La lecture des premières syllabes est très douteuse. — Rétablir aussi pradhānapurassarān au lieu de pradhānajanapu° dans la partie correspondante de Bendall I, l. 3.
v3.c10.s9.9
⁶ Rétablir, d'après Bd. I, 5 : bhavatām yathānena pra°
7. Rétablir : svaparākramopaçamāmittrapakṣa°
9. Rétablir : anukampayā ca. Mais la lecture des syllabes suivantes chez Bendall est manifestement fausse. Le prétendu redoublement du v après r dans kūbervvatyao est inadmissible dans le système graphique de l'inscription ; au reste, sur la photographie de Bendall comme sur mon estampage, le groupe se lit clairement : rvṛ et la lettre qui précède ne peut être un ba, car un trait horizontal bien gravé coupe à mi-hauteur le caractère. Il convient donc de restituer provisoirement : (kū)th.-rvṛtyadhikṛtānām.
v3.c10.s9.10
¹⁶ Rétablir : samyak paripālanīyeti. — Le mot samājñāpanā manque au P. W.¹ et ².
v3.c10.s9.11
(1-5.) Salut. De Mânagṛha. Ses innombrables vertus, groupées, illuminent sa gloire ; son père adoré le suit de sa pensée ; la race des Licchavis l'a pour bannière ; le souverain, le grand roi Çivadeva en bonne santé, aux habitants du village de Khṛpuṅ, notables en tête, chefs de famille dudit village . . . souhaite le bonjour et fait savoir ceci :
v3.c10.s9.12
(6-11.) Sachez ceci : un personnage illustre, de gloire immaculée et vaste, qui a par sa valeur héroïque anéanti le pouvoir de mes adversaires, le grand marquis Amçuvarman m'a fait rapport ; et moi, par considération pour lui et par compassion pour vous, je n'autorise les . . . . . à pénétrer dans le village, selon l'usage, que pour percevoir les trois impôts ; mais, pour la remise des pièces écrites, pour les cinq crimes, etc., défense d'entrer. Tel est le privilège que je vous octroie.
v3.c10.s9.13
(11-16.) Et maintenant qu'on le sait, personne, ni des gens attachés à mon service, ni des autres, ne doit rien y changer. Et quiconque, enfreignant mon ordre, le rendrait vain, soit en personne, soit par instigation, je ne le tolérerai absolument pas. Et les rois à venir, eux aussi, par respect de la loi, en conformité du privilège que j'ai octroyé, devront maintenir mon ordonnance. Voilà ce que j'avais à faire savoir.
v3.c10.s9.14
(17-18.) Le délégué ici est Bhogavarma-gomin. Année 51. , . . . quinzaine claire, . . . . ième jour.
v3.c10.s9.15
17. Rétablir : *dūtakaç cātra*.