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La formation de la langue marathe c8: Appendice: Note sur quelques documents du vieux marathe

La formation de la langue marathe c8

Language
French

Appendice: Note sur quelques documents du vieux marathe

c8.1

NOTE SUR

c8.3

§ 280. M. Rājvāḍe a publié dans le *Viçvavṛtta* de janvier 1907 une inscription trouvée à Cikuṛḍe dans la région de Kolhapur. Elle porte la date suivante : *bhāva saṃvachare vaiçākhamāse kṛṣṇapakṣe bhaumadine aṣṭamyāṃ tithau*. Ceci correspond suivant l'éditeur à l'année 658 çaka. La question de date mise à part il reste encore quelques difficultés qui nous embarrasseront d'autant moins que l'inscription n'est pas en marathe comme le prétend M. Rājvāḍe, mais dans une mixture étrange de sanskrit correct et de sanskrit incorrect, dont certaines formes ont un aspect marathe ou même canarais (on remarque en deux endroits la désinence *-lu* caractéristique de cette dernière langue). Il semble qu'on reconnaisse du marathe dans l'adjectif *magilu* « sur le chemin » (*mārga-*), dans les substantifs *kuḍo* désignant une mesure de capacité (m. *kuḍav*, skr. *kuḍapa-*), *devul* « temple » (m. *deul*, skr. *devakula-*), *nāvī* « barbier » (m. *nhāvī*, skr. *nāpita-*), part. prés. *karit* « faisant », absol. *karavuna karavutana* « ayant fait », *mamnavunu* « respectant ».

c8.4

Mais il convient de faire peu d'usage de ce texte plein d'obscurités reconnues même par un éditeur aussi hardi que M. Rājvāḍe.

c8.5

§ 281. Le plus ancien document du marathe est la double inscription de Çravaṇa Beḷgoḷa au Maissour et gravée au plus tard en 1118 J.-C.

c8.6

*Çrī cāvuṇḍarājeṃ karaviyaleṃ.* « Fait sur l'ordre du roi Cāvuṇḍa. » *Çrī Gaṃga rāje suttāle karaviyaleṃ.* « Mur d'enceinte (?) construit sur l'ordre du roi Gaṅga. »

c8.7

Ces inscriptions ont été éditées en dernier lieu par M. Hultzsch dans l'Epigraphia Indica, VII, p. 109.

c8.8

§ 282. Plus tard on trouve quelques fragments de prose marathe dans le Mānasollāsa ou Abhilāṣitārthacintāmaṇi de Bhūlokamalla, écrit en 1051 çaka. M. Rājvāḍe a donné les deux passages dans le Viçavvṛtta de juillet 1907, p. 8 ; les voici :

c8.9

jeṇem rasātalauṇu matsyarūpeṃ veda aṇiyale manuçivaka vāṇiyale to saṃsārasāyarataraṇa moha[ham]tā rāvo nārāyaṇu (v. 2143).

c8.10

« Celui par qui sous la forme du Poisson a été apporté du Rasātal (le plus profond des enfers) le Veda, (et) ont été chantés Manu et Çiva, celui-là, le Passeur de l'océan des existences, le Vainqueur de l'Égarement, c'est le roi Nārāyaṇa. »

c8.11

L'autre passage est très obscur :

c8.12

jo gopijaṇe gāyije (lecture revue ; R. lit māyije) bahu pari rūpeṃ nirhāṃgo... (le reste est incompréhensible)... (v. 2162) « celui qui est beaucoup chanté par les vachères, mais en ce qui concerne l'aspect extérieur (est) privé de corps. »

c8.13

§ 283. En 1109 Çaka (1186 J.-C.) une inscription sanskrite d'Aparāditya le Çilāhāra trouvée à Parel est suivie d'une imprécation dont voici le texte et le sens, d'après l'édition de Bhagvanlal Indraji (J. As. Soc. Bomb., XII, p. 334).

c8.14

atha tu jo koṇuhuvi (lire ci?) e çāsan lopi tecyā vedyanāthadevācī bhāl sakuṭumbī āpadeṃ | tehācī māy gāḍhaveṃ jhavije.

c8.15

« Mais quiconque détériorera cet édit, la lance du dieu Vaidyanātha tombera sur lui et sur sa famille ; et sa mère sera saillie par un âne. »

c8.16

§ 284. On trouve dans l'Epigraphia Indica, I, p. 343-346, une inscription de 1128 Çaka trouvée à Pāṭṇā (ou Pāṭaṇ) dans le Khandeç, et qui contient une longue partie en marathe que M. Kielhorn renonce à comprendre. M. Rājvāḍe en a tenté en 1906 un nouveau déchiffrement qu'il a publié dans le Prabhāt de Dhulia, et qui pour la partie marathe diffère non seulement de celui de M. Kielhorn, mais même de celui antérieur de Bhau Daji (J. As. Soc. Bomb., I, p. 414 et suiv.). Voici le texte marathe, tel que M. Rājvāḍe le donne, et une traduction faite d'après la sienne :

c8.17

[22]... iyāṃ pāṭaṇīṃ jeṇeṃ ughaṭe tehācā asi āīṃ jo rāulā hoṃtā grāhakapāsiṃ to madhā ḍinhalā | brāhmaṇāṃ jeṃ vikateyāpāsīṃ brahmottara teṃ brāhmaṇīṃ ḍinhalem | grāha [23] kāpāsīṃ dāmācā vīsovā āsupāṭhī magareṃ ḍinhalā || jalādāyāṃ bailāṃ siddhaveṃ || bāhirilā āsupāṭhī gidhaveṃ grāhakapāsīṃ pāmca pophalī grāhakapāsīṃ || pahi [24] leā ghāṇeā dāṇācī loṭī maṭhā dinhalī || jetī ghāṇeṃ vāṃbhati teīyāṃ prati palī palī telā || etha jem mavije teṃ maḍhīcena māpeṃ mavāveṃ māpāū maḍhā arddhaṃ || arddhaṃ [25] māpahārī | tūpaceṃ sūmka | tathā bhūmiḥ || caturāghāṭaviçuddha oṃḍhugrāmu paṣama bāleā kāmatu madhyeṃ vaḍabuṃdhu || pukalavuṃdhu || paṃḍitāṃcā kāmatu | cītegrā [26] mī cāurā || dhāmojicīā soṃḍhiāṃ ||

c8.18

« Dans cette ville de Pātan, (le produit de) la taxe dite asi qui est levée sur les marchandises exposées (au bazar), qui se trouve au palais royal chez le percepteur, est donné au couvent. Le bénéfice obtenu par les brahmanes sur les marchandises mises en vente est donné par les brahmanes au couvent. Un vingtième de la somme (reçue par lui) est donnée par le cavalier Magar (« Crocodile ») au percepteur. (Le percepteur) doit veiller aux bœufs chargés d'amener l'eau (au couvent). (Un vingtième de la taxe) sur les marchandises venues du dehors (est) donné au percepteur par le cavalier Gidhav (« Vautour » ?)

c8.19

Les cinq promesses ci-dessous ont été faites au percepteur.

c8.20

La coulée du grain de la première presse d'huile est donnée au couvent. Autant de presses qui fonctionnent, autant de fois une palī (4 tol) d'huile (est donnée au couvent). L'huile qui est mesurée ici doit être mesurée avec la mesure du couvent. L'huile à verser (se répartit) moitié pour le couvent (selon R. : « dans la jarre » : maḍh = māṭh), moitié pour le vérificateur des mesures.

c8.21

La taxe du beurre clarifié.

c8.22

De plus un terrain défini par les quatre limites (suivantes) : le village du Ruisseau, à l'ouest la terre attribuée à Bālā, au milieu le tronc de figuier, le tronc de pukal, la terre attribuée aux Pandits, un cāhūr (120 bigha) au Village du Léopard ; les éperons de la montagne de Dhamoji ».

c8.23

§ 285. Parmi les documents postérieurs autres que les textes littéraires, il n'a été fait usage ici que d'une inscription votive de Pandharpur de 1195-1199 çaka, dont il est question dans le Gazetteer de Solapur (Gaz. of the Bombay Pres., XX, p. 421-422) et qui a été rééditée par M. Rājvāḍe dans la Granthamālā d'avril 1905. La partie marathe débute ainsi :

c8.24

[3] Svasti çrī saku 1195 çrīmukhaṃ saṃvatsare phāganipuraçrīviṭṭhaladevarāyāsi tisāsiti (?) phuleṃ dāṃḍe ācaṃdrārka cālāveā nānā bhakti māliāṃ datta paikācā vivaru |

c8.25

Voici comment M. Rājvāḍe l'entend :

c8.26

« Pour le roi-dieu Viṭṭhal de Phāganipur... fleurs et cannes, pour servir aussi longtemps que la lune et le soleil, données par divers groupes de dévots; détail des objets » (ou : « détail des objets donnés par... » etc.)

c8.27

Le reste de l'inscription est trop fragmentaire pour valoir la peine d'être transcrit ici.

c8.28

Vu, le 28 novembre 1912. Le doyen de la Faculté des lettres de l'Université de Paris, A. CROISET.

c8.29

Vu et permis d'imprimer. Le vice-recteur de l'Académie de Paris, L. LIARD.

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